Après lecture de la circulaire de rentrée 2026, le SE-Unsa lance un avis de recherche concernant l’École inclusive. Une seule allusion lui est consacrée, comme si elle était devenue un sujet que l’on préfère dissimuler plutôt qu’affronter.
Un vague allusion à l’École inclusive…
Il faut attendre la deuxième partie de la circulaire, après avoir rappelé que l’École tourne autour du français et des maths*, pour trouver une phrase qui fasse référence à l’École inclusive : Cette exigence pédagogique, qui refuse tout déterminisme, vaut également pour la scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers, pour laquelle nous sommes collectivement pleinement engagés et qui repose notamment sur l’investissement des accompagnants d’enfants en situation de handicap. Pour le ministre, avec cette phrase, tout est dit.
Quid des PAS (pôles d’appui à la scolarité) qui se déploient tous azimuts ? Quid des AESH qui attendent désespérément plus de reconnaissance et un statut de fonctionnaire ? Quid des Rased dont il faut défendre le rôle dans la prise en charge de la grande difficulté scolaire ? Quid des enseignants référents de scolarité qui s’interrogent sur leur place avec l’arrivée des PAS ?
C’est bien peu alors que le nombre d’élèves en situation de handicap ou en grande difficulté scolaire ne cesse d’augmenter dans les classes.
… alors que c’est une préoccupation majeure de la profession
Aujourd’hui, à l’école maternelle et élémentaire, au collège, au lycée (particulièrement au lycée professionnel), la prise en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers est centrale.
La dernière enquête du SE-Unsa montre que :
- 36 % des collègues (enseignants des premier et second degrés, CPE, AESH, PsyEN et AED) considèrent que l’inclusion est difficile ou très difficile, et jusqu’à 51 % dans le 1er degré ;
- 65 % considèrent les relations avec les familles difficiles ;
- 83 % estiment que la gestion de classe est perturbée ;
- 89 % rencontrent des difficultés à accompagner tous les élèves.
C’est la dure réalité des conditions de travail alors que le ministre n’en fait cas dans sa circulaire de rentrée. Dans le même temps, et c’est rassurant, l’enquête montre qu’il n’y a pas de rejet de l’inclusion mais un regret de ne pas arriver à faire mieux faute de solutions et de moyens, et de ne pas être assez soutenu par l’employeur dans cette mission éminemment difficile.
L’avis du SE-Unsa
Le SE-Unsa aurait aimé lire dans cette circulaire de rentrée que le ministère allait enfin mettre les moyens nécessaires, à la hauteur des besoins, pour permettre aux personnels de mieux travailler à l’inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers.
- Le SE-Unsa aurait aimé lire que les PAS seraient dotés des moyens nécessaires pour apporter à l’École ce qui lui manque**.
- Le SE-Unsa aurait voulu trouver les traces de l’annonce d’un nouveau statut de fonctionnaire pour tous les AESH***.
- Le SE-Unsa aurait apprécié d’apprendre que les nouveaux programmes allaient évoluer pour prendre en compte ces élèves.
- Enfin, le SE-Unsa s’attendait à lire que le ministère profiterait dès la rentrée prochaine de la baisse de la démographie scolaire pour diminuer le nombre d’élèves par classe à 20 à l’école et au collège, et à 24 au lycée, ce qui est sa revendication.
Le SE-Unsa promet une récompense au ministre qui répondra enfin aux attentes des personnels !
* Lire notre article Circulaire de rentrée 2026-2027 : des priorités affichées, des moyens absents
** Lire notre article Pôle d’appui à la scolarité : vers un tour de PAS-PAS ?
*** Lire notre article Statut des AESH : le compte n’y est pas !