Le 11 février 2005, il y a 20 ans, les députés votaient l’une des lois les plus importantes de de la Ve République, celle qui devait faire de la France un pays inclusif. L’École n’échappe pas à cette loi, mais nos ministres successifs ont tardé à mettre en œuvre les dispositifs qui allaient permettre d’accueillir dignement les élèves en situation de handicap.

Des enseignants investis mais livrés à eux-mêmes

Durant de trop longues années après la loi, l’institution n’a rien prévu ni mis en œuvre pour accueillir les enfants en situation de handicap dans les classes ordinaires. Les enseignants n’ont reçu aucune formation. Ils ont adapté au mieux leur enseignement et leur méthode et se sont autoformés très souvent sur leur temps personnel, toujours avec le souci de trouver les solutions pour accueillir ces élèves qui requièrent une attention particulière et une approche pédagogique différente.
 
Aujourd’hui encore, très peu d’enseignants sont formés mais ils ont tous acquis des compétences. Par ailleurs, les diagnostics des besoins des enfants n’ont cessé de s’affiner et les demandes d’adaptation ou de compensation pour chaque profil n’ont cessé de se multiplier, complexifiant encore davantage le travail des enseignants. Le nombre d’élèves concernés est parfois très important dans des classes déjà très chargées.

Un nouveau métier d’AESH mal accompagné

Si le ministère a pris conscience de la nécessite d’avoir plus de personnels, notamment des accompagnants pour les élèves en situation de handicap, il a trop misé sur le nombre et sur les seules compétences de l’École. Ils ont été AVS puis AESH. Aujourd’hui, ce métier est devenu, en nombre de personnels, le deuxième de l’Éducation nationale après les enseignants.
 
Les AESH, qui sont très majoritairement des femmes, ont un statut précaire, avec des temps de travail incomplets contraints, une rémunération insuffisante et une formation initiale et continue plus que défaillantes. Ces personnels ont dû apprendre leur métier sur le tas, apprendre avec les enseignants à trouver les bonnes formules de collaboration. Heureusement que les AESH sont présents dans les classes, aux côtés des élèves, aux côtés des enseignants, mais l’accompagnement n’est pas la seule solution et le dispositif atteint ses limites.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, l’École inclusive est en crise. Elle est à un point de rupture parce que les moyens actuels ne permettent plus aux personnels – enseignants, AESH, CPE et PsyEN – de trouver les solutions pour prendre en charge scolairement tous ces élèves. Certains élèves ont d’abord besoin de soins avant d’entrer dans les apprentissages, or, ils n’y ont pas toujours accès. Certains ont les plus grandes difficultés à être scolarisés dans une classe, qui est par définition un espace de travail collectif, où l’individualisation trop poussée est très vite impossible voire contreproductive.
 

L'avis du SE-Unsa

Nous avons toujours souscrit à la logique d’une École inclusive et continuons de la soutenir, et pas seulement parce que c’est la loi mais parce que l’École se doit de donner les mêmes droits à une éducation de qualité à tous les élèves sans distinction. Encore-faut-il qu’elle en ait les moyens, qu’elle ne se retrouve ni abandonnée ni isolée ni acculée ! Or les conditions de scolarisation des élèves et de travail des personnels sont très dégradées parce que les moyens et les dispositifs sont insuffisants. 
 
Nous souhaitons que les élèves aient la possibilité d’être scolarisés à l’école ordinaire ou dans les établissements et services médico-sociaux en fonction de leur besoin, d’où la nécessité d’ouvrir des places dans ces établissements. Ainsi les élèves seraient correctement pris en charge en fonction de leur besoin et de ce que chacun, École, ESMS peut apporter en fonction de ce qu’il sait faire.
 
Par ailleurs, pour scolariser correctement ces élèves, et sans faire de l’École un lieu de soin qu’elle n’est pas, il faut permettre à ces élèves d’accéder aux soins. Les enseignants doivent aussi être accompagnés de personnels qui permettent de prendre en charge les élèves quand l’enseignant et l’AESH ne suffisent pas. 
 
Enfin, nous revendiquons un statut de fonctionnaire pour les AESH afin de leur offrir un emploi stable et mieux rémunéré ainsi qu’une formation initiale de meilleure qualité. 

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La part collective du Pass culture, qui permet aux établissements de financer des projets culturels à destination des élèves, est la dernière victime en date de la politique de rigueur budgétaire : les établissements vont devoir se partager 10 millions d’euros d’ici à la fin de l’année scolaire. Une mauvaise nouvelle qui a mis la communauté éducative en émoi.

Au départ, une belle idée

Généralisé par le ministère de la culture en 2021, le Pass culture est une allocation destinée aux jeunes de 15 à 18 ans sur l’ensemble du territoire français. La part individuelle du Pass culture, à laquelle tous les jeunes sont éligibles (de 20 à 300 € selon l’âge), est destinée à l’achat de biens culturels. La part collective, mise en place en 2022, est un crédit alloué à chaque classe au prorata du nombre d’élèves, afin de financer des projets d’éducation artistique et culturelle. Depuis septembre 2023, cette part collective est accessible à toutes les classes de la 6e à la terminale (de 20 à 30 € par élève, selon la classe).

À l’arrivée, une victime de la politique de rigueur budgétaire

C’est cette part collective, permettant de financer de nombreux projets dans les établissements, qui est aujourd’hui menacée. Dans le courant de la dernière semaine de janvier, les chefs d’établissements ont été informés du gel de la part collective, réduisant à 10 millions d’euros les crédits disponibles pour financer tous les projets jusqu’à la fin de l’année scolaire.
 
Une bien mauvaise nouvelle qui a généré une course à la validation de projets sur la plateforme dédiée avant l’épuisement des fonds. De nombreux projets ne pourront pas être financés. Le ministère de l’Éducation, dans un communiqué, se veut rassurant en promettant d’examiner au cas par cas les projets qui n’auraient pu être financés au cas par cas.
 
En 2024, 97 millions d’euros étaient alloués à la part collective du Pass culture. En 2025, cette part est réduite à 72 millions d’euros. Afin d’assurer la survie du dispositif à la rentrée 2025, le ministère a scindé cette enveloppe budgétaire : 50 millions d’euros à utiliser jusqu’au mois de juin 2025, 22 millions de septembre à la fin de l’année civile.
Problème : au moment de l’annonce de la ministre, 80% des fonds pour l’année scolaire 2024/2025 avaient déjà été utilisés.
 

L'avis du SE-Unsa

Pour les personnels des établissements qui avaient déjà mal vécu la menace de se voir privés d’heures supplémentaires l’année dernière, c’est un nouveau coup porté par le ministère.
 
Le SE-Unsa soutient une politique culturelle de qualité pour les élèves, ce que permettait d’accomplir la part collective du Pass culture. Avec sa disparition, ne restera désormais que la part individuelle, brocardée par un rapport de la Cour des Comptes de décembre 2024, car elle ne permet pas d’installer chez les jeunes un rapport durable à la culture. L’École peut atteindre cet objectif, à condition qu’on lui en donne les moyens. Le SE-Unsa est donc signataire du courrier à la ministre lui demandant le maintien de ce budget.
 

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Élisabeth Borne s’est exprimée le vendredi 17 janvier sur son projet pour l’École. Concernant le collège, la ministre a présenté une version affaiblie du Choc des savoirs. Un recul appréciable mais qui reste insuffisant.

Groupes au collège : maintien en 6e et en 5e, abandon en 4e et en 3e

Les groupes de besoins en français et en mathématiques en 6e et 5e constituent la mesure la plus contestée du Choc des savoirs. Le SE-Unsa s’est opposé dès le début à cette organisation délétère des enseignements qui n’a d’autre effet que d’accroître les inégalités entre les élèves et vient donc en contradiction avec les valeurs de l’École républicaine dont l’ambition est la réussite de tous les élèves.

Alors que la mise en œuvre des groupes a été chaotique dans les établissements, alors que le Conseil d’État, saisi par le SE-Unsa, a annulé le texte de la réforme, Anne Genetet avait prévu de déployer les groupes de besoins en 4e et 3e à la rentrée 2025, sur une partie du volume horaire de français et de mathématiques. Élisabeth Borne y renonce mais maintient les groupes en en 6e et 5e, alors même que le dispositif n’a pas été évalué.

 

DNB : le diplôme se transforme mais ne deviendra pas obligatoire pour le passage en 2de

La transformation du diplôme national du brevet était l’autre bouleversement prévu au collège. L’examen de fin de 3e va connaître d’importants changements pour sa session 2026 : le contrôle continu, qui comptait pour moitié de la note finale, ne sera désormais pris en compte qu’à hauteur de 40 % et ne sera plus soumis à l’acquisition des compétences du socle commun, mais calculé sur la base des moyennes de toutes les disciplines ; les notes de l’épreuve terminale compteront, elles, pour 60 % de la note finale. 
 
En revanche, il ne sera plus obligatoire d’être lauréat du DNB pour accéder au lycée à partir de la session 2027 : la ministre abandonne ce projet qui aurait totalement modifié la philosophie du brevet, lui qui n’a jamais eu vocation à devenir le baccalauréat du collège.

Classes de prépa-seconde : un maintien qui n’a plus aucun sens

Les classes de préparation à la seconde, expérimentées avec peu de succès cette année à raison d’une classe par département, étaient à l’origine destinées à accueillir les élèves volontaires qui n’auraient pas obtenu le DNB et n’auraient donc pu accéder au lycée.
Non seulement l’existence de ces classes de redoublement déguisé creuse encore davantage les inégalités entre les élèves, mais l’annonce de la fin du conditionnement du passage en 2de à l’obtention du DNB la rend inutile et incompréhensible. À qui seront donc désormais destinées ces classes et quels élèves souhaiteront s’y inscrire ?

L'avis du SE-Unsa

Les annonces de la ministre pour le collège illustrent à merveille la philosophie du « en même temps » chère au président de la République : le ministère souhaite maintenir coûte que coûte un Choc des savoirs mal ficelé et qui s’oppose à l’École de la République, tout en actant son abandon partiel. Pour le SE-Unsa, c’est encore insuffisant : il faut redonner au collège ses moyens et son autonomie, conditions nécessaires à la mise en œuvre de dispositifs intelligents pour faire réussir tous les élèves, sans les trier ni les opposer.

Le DNB doit être le reflet et l’expression des compétences du socle commun et ne doit pas devenir un examen anxiogène et décorrélé des apprentissages. Enfin, les classes de prépa-seconde perdent le peu d’intérêt qu’elles pouvaient avoir et n’ont donc plus lieu d’être.

Le SE-Unsa continue de demander la suppression de toutes les mesures du Choc des savoirs et un changement de politique éducative.


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Du 3 octobre au 18 novembre 2024, les PLP ont été invité·es à répondre à une enquête du SE-Unsa sur la mise en place du 2e volet de la nouvelle réforme de la voie professionnelle qui a commencé à être appliquée à la rentrée scolaire 2023. 

Un état des lieux contrasté

En ce début d’année scolaire, une enquête a été menée auprès des enseignants de lycée professionnel pour évaluer leur ressenti face à plusieurs évolutions et dispositifs récents mais également pour savoir comment la réforme se mettait en place dans leur établissement. Les résultats révèlent des perceptions mitigées et mettent en évidence des points de satisfaction comme des préoccupations majeures.

La co-intervention

La diminution de la co-intervention semble avoir été bien accueillie par une majorité des répondants, avec 57 % exprimant leur satisfaction. Cette tendance pourrait refléter un allègement des contraintes pédagogiques ou organisationnelles liées à cette pratique.
Toutefois, 28 % se disent insatisfaits car la co-intervention était un dispositif efficace lorsque le binôme d’enseignants travaillait bien ensemble et était performant.

Concernant les dispositifs mis en place pour remplacer les co-interventions, les avis sont plus partagés : 44 % des enseignants se disent satisfaits contre 37 % d’insatisfaits. Cette divergence pourrait être liée à des différences dans les pratiques locales.

La deuxième phase de la mise en place de la réforme de la voie professionnelle

À la question La mise en place du parcours poursuite d’étude et du parcours d’insertion professionnelle de 6 semaines dans votre établissement est-elle déjà organisée ?, une large majorité des répondants (75 %) a indiqué que ce n’était pas encore le cas. Entre septembre et novembre 2024, seuls 22 % des établissements semblaient avoir déjà organisé ces nouveaux dispositifs.

Ces chiffres mettent en lumière les défis importants qui restent à relever pour déployer efficacement ces parcours et les difficultés des équipes à s’emparer dans la hâte des consignes de dernière minute.

Les changements des dates des PFMP des seconde et première bac pro

Dans les retours faits, 56 % des établissements ont opté pour un changement de calendrier des PFMP pour les classes de seconde et première. Ce déplacement pourrait être problématique en fin d’année car il faudra accueillir les lycéens en juin après leur PFMP alors même que les conseils de classe seront terminés, que beaucoup d’établissement sont centres d’examen et que grand nombre d’enseignants sont mobilisés pour faire passer des examens.
Cette nouvelle organisation met en lumière la complexité de la réforme qui « vise » à concilier des objectifs parfois contradictoires à savoir : augmenter le temps en entreprise tout en maintenant un niveau d’enseignement général et professionnel suffisant.

Une faible implication des conseils pédagogiques dans les projets chef-d’œuvre

Un constat préoccupant émerge concernant l’implication des conseils pédagogiques dans la mise en œuvre du projet appelé les années précédentes chef-d’œuvre en bac professionnel. En effet, seuls 5 % des enseignants interrogés indiquent que ces projets ont été évoqués dans le cadre des conseils pédagogiques, tandis qu’une écrasante majorité (69 %) affirme le contraire.
Ce résultat alarmant pourrait révéler plusieurs problématiques : un manque de temps dédié à la concertation pédagogique, une sous-estimation de l’importance du chef-d’œuvre dans le parcours des élèves, ou encore des difficultés organisationnelles au sein des établissements. Cette faible implication des instances pédagogiques risque de compromettre la qualité et l’efficacité de la mise en œuvre.

Des réticences face aux Pactes proposés

Concernant les Pactes proposés aux enseignants, 53 % des répondants les ont refusés, tandis que 35 % les ont acceptés. On peut supposer que les collègues finissent par accepter ces parts de Pacte par nécessité. La baisse du pouvoir d’achat des enseignants étant de plus en plus criante à mesure que l’inflation augmente. Quant aux collègues les refusant, qui peut blâmer le refus du « travailler plus pour gagner plus » quand notre charge de travail ne cesse de croître d’année en année sans que la rémunération, elle, n’augmente.

L'avis du SE-Unsa

Les résultats complets de cette enquête montrent des ressentis variés et des attentes fortes de la part des enseignants mais, globalement, ils n’adhèrent pas totalement à cette réforme.
Les points positifs comme la diminution ou disparition de dispositifs récemment mis en place lors de la tristement célèbre TVP du ministre Blanquer – tels la co-intervention ou le chef-d’œuvre – coexistent avec des préoccupations majeures sur l’organisation de la fin d’année scolaire, les postes restant vacants, l’augmentation des contractuels ou le manque de travail sur les grilles de poursuite d’études.
 
Pour le SE-Unsa, plusieurs axes d’amélioration peuvent être envisagés :
 
  • Renforcer la communication et l’accompagnement sur les réformes en cours pour favoriser leur compréhension mais aussi peut-être dans un premier temps prendre le temps de faire un bilan d’une réforme avant d’en imposer une autre.
     
  • Impliquer les conseils pédagogiques pour qu’ils soient vraiment un espace de concertation, de co-construction du parcours Y et de prise de décision pour l’ensemble de la communauté éducative.
     
  • Accompagner les équipes sur les contenus des grilles de poursuite d’études.

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Comment adapter les pratiques pédagogiques pour répondre à l’hétérogénéité des élèves et améliorer les conditions d’apprentissage, tout en renforçant la formation continue des enseignants pour assurer la réussite de tous les élèves ?

Participez à notre journée d’étude et de réflexion le vendredi 9 mai 2025 à Paris (lieu exact à confirmer). Je me pré-inscris.

Cette journée est réservée à nos adhérents, pour adhérer c’est ici !

Le programme

Matinée

9h00 – 9h30 : Accueil café

9h30 – 10h00 : Introduction par Élisabeth ALLAIN-MORENO, Secrétaire générale du SE-Unsa

10h00 – 11h00 : Conférence d’ouverture par Benoît FALAIZE

11h00 – 11h15 : Pause

11h15 – 12h15 : Ateliers pratiques (Session 1)

  1. Différenciation pédagogique pour gérer l’hétérogénéité-coopération avec Sylvain CONNAC
  2. Améliorer les conditions d’apprentissage en classe-inclusion avec Caroline DESOMBRE
  3. Améliorer les conditions d’apprentissage en classe autour de la coopération avec Laurent REYNAUD
  4. Expérimenter quelques pratiques de classe avec Jacques BERNARDIN
     

12h15 – 13h30 : Déjeuner

Après-midi

13h30 – 14h30 : Ateliers pratiques (Session 2)

14h30 – 14h45 : Pause

14h45 – 16h15 : Table ronde avec Caroline DESOMBRE, Jacques BERNARDIN et Laurent REYNAUD
Thème : Quelles conditions pour faire réussir tous nos élèves ?

16h15 – 16h45 : Synthèse de la journée par Nicolas PINEL

16h45 – 17h : Clôture par Élisabeth ALLAIN-MORENO, Secrétaire générale du SE-Unsa

Les intervenant·es

Benoît FALAIZE
Agrégé et docteur en histoire, il a été formateur pendant plus de 15 ans à l’IUFM de Versailles puis à l’Espé de l’Université de Cergy-Pontoise.
Professeur d’histoire-géographie, il a d’abord été chargé de mission sur l’illettrisme au Groupe permanent de lutte contre l’illettrisme, puis chercheur à l’Institut national de recherche pédagogique (INRP), chargé des questions sensibles de l’enseignement de l’histoire.
Auteur de Territoires vivants de la République – Ce que peut l’École : réussir au-delà des préjugés

Sylvain CONNAC
Professeur des universités en sciences de l’éducation et de la formation, ses travaux de recherche s’axent autour des organisations pédagogiques de coopération entre élèves et de personnalisation des apprentissages.
Auteur d’Apprendre avec les pédagogies coopératives

Caroline DESOMBRE
Professeure en psychologie sociale, elle est enseignante-chercheuse spécialisée dans l’inclusion scolaire à l’université de Lille.
Auteure de Psychologie du travail et des organisations : des savoirs au service de l’action

Laurent REYNAUD
Enseignant en lycée, formateur et auteur, il expérimente en équipe la mise en place de pratiques pédagogiques plaçant la coopération et la métacognition au cœur des apprentissages.
Auteur de Faire collectif pour apprendre – Des clés pour mettre la coopération au service des apprentissages

Jacques BERNARDIN
Docteur en sciences de l’éducation et président du Groupe français d’éducation nouvelle (GFEN), il a été maître formateur et chargé de formation générale à l’IUFM d’Orléans-Tours.
Auteur de Le Rapport à l’École des élèves de milieu populaire

Nicolas PINEL
Professeur des écoles, conseiller pédagogique puis inspecteur de l’Éducation nationale, il est le concepteur de la Méthode heuristique de mathématiques (MHM).
Auteur de La Méthode heuristique de mathématiques : enseigner les mathématiques autrement à l’école


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La classe exceptionnelle est le grade le plus élevé des trois grades accessibles aux personnels enseignants, CPE et PsyEN titulaires. Les règles ont changé depuis la rentrée 2024. 

Vous êtes concerné ? Pour être accompagné, conseillé et – pour nos adhérents – être mis en relation avec l’un de nos correspondants locaux, complétez notre formulaire !
 
Les modalités d’accès à la classe exceptionnelle ont été modifiées : 
 
  • Disparition des 2 voies d’accès, vivier 1 et vivier 2
  • Disparition du barème 
  • Nouveaux critères d’appréciation de la valeur professionnelle 
  • Modification de la période d’éligibilité
  • Application d’un pourcentage de promotions comme pour la hors-classe
 

Quand peut-on y accéder ?

Avec la disparition des viviers 1 et 2, il n’y a plus de « plage d’appel » différente selon les agents : 
 
  • Les certifiés, PE, PLP, PEPS, CPE et PsyEN, sont éligibles à partir du 5e échelon* de la hors-classe (auparavant à partir du 3e échelon pour le vivier 1 et du 7e échelon pour le vivier 2).
     
  • Les agrégés sont éligibles à partir du 4e échelon* de la hors-classe (auparavant à partir du 2e échelon pour le vivier 1 et de 3 ans dans le 4e échelon pour le vivier 2).
 
Chaque agent doit être prévenu individuellement de son éligibilité.
 

*Au 31 août de l’année d’établissement du tableau d’avancement

Pour le SE-Unsa, ce changement brutal de règles, sans réelles mesures transitoires, ignore tous les personnels qui avaient une chance d’être promus dans le précédent système au titre du vivier 1.
 
Sans compensation, ils sont tout simplement lésés. Le SE-Unsa avait demandé de vraies mesures transitoires pour que les collègues engagés dans des missions ou fonctions particulières ne perdent pas le bénéfice de ces années.

Quelle procédure ?

La procédure d’avancement au grade de la classe exceptionnelle s’effectue en deux étapes.
 
> Première étape 
 
Un ou deux avis sur la promotion émis par : 
 
  • l’IEN pour les professeurs des écoles.
  • l’IA-IPR et le chef d’établissement pour les agrégés, certifiés, CPE et PsyEN.
Le ou les avis doivent tenir compte de l’ensemble de la carrière, en s’appuyant notamment sur l’implication en faveur de la réussite des élèves, l’engagement dans la vie de l’établissement, la richesse et la diversité du parcours professionnel.
 
Ils peuvent prendre 3 formes : 
 
  • Très favorable : avis devant être motivé ; reconduit chaque année sauf exception
  • Favorable 
  • Défavorable : avis devant être motivé
Ces avis sont portés à la connaissance des agents via I-prof.
 
> Deuxième étape
 
Les promotions sont décidées par :
 
  • le Dasen pour les professeurs des écoles.
  • le recteur pour les agrégés, certifiés, CPE et PsyEN.
Elles sont déterminées d’abord parmi ceux qui ont obtenu un avis Très favorable dans le 1er degré et 2 avis Très favorablespour le 2d degré.
 
La répartition des promotions doit correspondre à la part respective des femmes et des hommes parmi les promouvables. L’équilibre entre enseignement supérieur et Éducation nationale doit également être respecté.
 
En cas d’avis identique(s), les critères de départage suivants sont appliqués : 
 
  • l’ancienneté dans le corps ;
  • l’ancienneté dans le grade ;
  • l’échelon ;
  • l’ancienneté dans l’échelon.
La liste des promus est publiée en fin d’année scolaire. L’accès à la classe exceptionnelle prend effet à compter du 1er septembre suivant.
 
Cas particuliers des collègues détachés ou mis à disposition : les modalités d’accès sont spécifiques à ces situations.
Contactez votre équipe locale du SE-Unsa pour davantage d’informations.
 

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa dénonce l’iniquité des nouvelles règles d’accès à la classe exceptionnelle. 
 
En l’absence de critères clairs, seul l’avis du supérieur hiérarchique compte, avec tout ce qu’il peut comporter de subjectivité et d’opacité. Les notions de barème, d’ancienneté dans la plage d’appel sont balayées d’un revers de main. D’un collègue à l’autre, d’un supérieur hiérarchique à l’autre, d’un territoire à l’autre, les possibilités d’accéder à la classe exceptionnelle ne seront pas égales. 
 
Le SE-Unsa demande des critères objectifs, un barème, une prise en compte de l’ancienneté dans la plage d’appel, seuls gages d’une réelle équité, et que l’ancienneté dans la Fonction publique soit le premier critère discriminant en cas d’égalité afin de ne pas pénaliser les collègues qui ont souhaité évoluer.
 
Le SE-Unsa refuse que l’accès à la classe exceptionnelle se fasse de façon discrétionnaire et opaque. Il demande au ministère de tenir ses engagements d’une carrière fluide et d’une meilleure reconnaissance des enseignants, CPE et PsyEN.

>> Vous pensez être éligible à la classe exceptionnelle ? Complétez notre formulaire en ligne pour demander l’accompagnement du SE-Unsa !


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L’année 2024 qui s’achève aura été marquée en France par l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques. Si l’événement aura durablement mis la pratique physique et sportive des jeunes au centre des préoccupations politiques, qu’en est-il aujourd’hui ?

Les Jeux de la communication et de la confusion

Les JOP Paris 2024 resteront sans nul doute l’événement le plus marquant de l’année pour la France, en dehors de la crise politique actuelle qui ne restera pas dans les mémoires pour les mêmes raisons. Un événement qui a fait écho aux préoccupations sanitaires nées de la pandémie de Covid. La sédentarité forcée des jeunes a rendu nécessaire la promotion d’une pratique physique et sportive régulière par le gouvernement, et notamment le ministère de l’Éducation nationale. Ce même ministère qui, l’espace de quelques mois, aura aussi été celui des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, et qui a multiplié les opérations de communication dans ce sens, armé des meilleures intentions mais pas des meilleures connaissances.
 
On se souvient encore des déclarations du ministre Blanquer qui, au lendemain des performances des sportifs français en basket, handball et volley aux JO de Tokyo en 2021, ne tarissait pas d’éloges sur une EPS pensée comme une fabrique de champions. Une confusion crispante et dérangeante entre sport, EPS et sport scolaire que les nombreuses et nombreux successeurs de M. Blanquer n’ont fait qu’accentuer.
 

Ministère et EPS : je t’aime, moi non plus

Toute la communication ministérielle (et présidentielle) des années qui ont suivi n’a fait que davantage brouiller les pistes. L’EPS aurait pu (et dû) profiter de cet éclairage inespéré pour sortir de l’ombre et mettre en avant sa légitimité en tant que discipline d’enseignement obligatoire s’adressant à tous les élèves et qui porte dans ses attendus un volet santé non négligeable (même s’il ne s’agit pas de sa première finalité).
 
Une discipline qui a toujours poussé les élèves à donner le meilleur d’eux-mêmes sans pour autant être les meilleurs. Une discipline qui n’a pas pour vocation de fabriquer des champions, mais de forger des citoyens, bien dans leur corps et dans leur relation aux autres. Mais cela n’a jamais intéressé le ministère : la nation voulue par le président Macron sera sportive ou ne sera pas. On a donc vu fleurir les deux heures de sport en plus au collège et les 30 minutes d’APQ à l’école. Des dispositifs qui n’ont rien à voir avec l’EPS et qui, trois ans plus tard, ne feront plus parler d’eux que dans les collèges de l’éducation prioritaire pour le premier, et pour sa mise en œuvre chaotique pour le second.
 
Et alors que des JOP 2024 il ne reste plus que l’héritage, alors que les enseignantes et enseignants d’EPS sont sans doute les mieux placés pour le transmettre, le nombre de places offertes au concours du Capeps pour 2025 diminue, et de nombreux gymnases attendent toujours d’être rénovés…
 

L’effet JOP n’aura malheureusement été que de courte durée. Il n’aura pas profité à l’EPS qui, au lieu d’être valorisée, a été écartée au profit de dispositifs cosmétiques et peu utiles. Il est urgent de redonner des moyens pour faire vivre l’EPS et le sport scolaire, car c’est bien à l’École que va se jouer l’avenir des Jeux et des valeurs qu’ils véhiculent chez les jeunes.


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La mise en place de la réforme de la voie professionnelle fait émerger plusieurs questions. Depuis cette rentrée scolaire 2024, la mise en place du Y notamment se fait de façon trop précipitée pour garantir un cadre équitable et respectueux pour les enseignants et les lycéens. Dès qu’un nouveau ministre sera nommé, le SE-Unsa lui fera part des revendications suivantes.

Ce que nous continuons de porter

Concernant la carte des formations, le SE-Unsa demande que les fermetures de formations sous statut scolaire soient compensées par des ouvertures sous statut scolaire et que ces dernières ne soient pas seulement liées au tissu économique local.

En effet, le SE-Unsa constate que de trop nombreuses académies font désormais le choix de fermer des formations sous statut scolaire pour en ouvrir d’autres en apprentissage, et essentiellement des certificats de spécialisation. Ce choix est d’autant plus « vite fait » que les ouvertures en apprentissage ne nécessitent pas l’accord et le financement de la région.
Les lycées professionnels doivent pouvoir proposer une offre variée et pas seulement en lien avec le tissu économique local afin que nos jeunes puissent envisager une mobilité professionnelle.

Le SE-Unsa demande une reprogrammation des examens en juin afin de permettre une meilleure préparation des élèves et un déroulement optimal de l’année scolaire. Ce changement garantirait une meilleure organisation pour tous les acteurs impliqués.

Le SE-Unsa exige l’abrogation du parcours différencié dit Y et le passage à une année supplémentaire post-bac en Y.

Il est en effet illusoire de penser que 6 semaines – ou plutôt 5 semaines et demie – suffiront pour augmenter les chances de réussite en poursuite d’études de nos élèves de bac pro. Le dispositif Y, souvent perçu comme trop court pour être efficient, a amputé des heures de cours en terminale pour finir les programmes mais aussi des semaines de PFMP pour évaluer dans de bonnes conditions les élèves. Ce dispositif doit donc être remplacé par la possibilité d’une année supplémentaire post bac pro qui offrirait une meilleure adaptabilité aux élèves en difficulté ou souhaitant approfondir leurs compétences.

Le SE-Unsa revendique le retour des heures d’enseignement perdues pour préparer l’examen.
 
En effet, la perte d’heures d’enseignement pour les élèves avant de passer l’examen reste un problème même si les 2 semaines en moins de PFMP se transforment en heures de cours en plus. 
Le SE-Unsa souhaite que le dispositif Ambition emploi soit financé par de vrais moyens et non par le Pacte
 
En effet, parmi les mesures mises en place lors de cette réforme, celle d’Ambition emploi nous paraît intéressante pour les élèves mais sa rémunération sur la base du Pacte ne permet pas sa mise en place dans tous les établissements. Financer ce dispositif en heures poste permettrait au contraire de le mettre en place partout.

Le SE-Unsa revendique l’attribution d’une gratification aux élèves suivant le parcours Poursuite d’études. Cela permettrait que les élèves puissent choisir le parcours qui corresponde réellement à leur projet personnel, sans que leur choix ne soit biaisé par des considérations financières.


Nos nouvelles revendications à la suite des remontées de terrain de cette rentrée 2024

Le SE-Unsa réclame le retour des 2 x 4 semaines de PFMP certificatives en terminale.

Cette mesure permettrait de garantir une évaluation certificative plus égalitaire et/ou de pouvoir réaliser une mobilité européenne dans les meilleures conditions.

Le SE-Unsa revendique une mission unique pour les enseignants : soit assurer le module Poursuite d’études, soit s’occuper du module Insertion professionnelle.

En effet, une démarche claire et structurée évitera une désorganisation et les chevauchements des missions dans une fin d’année déjà bien chargée pour les enseignants. Cela renforcera également l’efficacité du dispositif et une équité entre tous.

Pour le SE-Unsa, il est indispensable que les enseignants prenant part aux équipes projet pour la mise en place des parcours perçoivent une rémunération à hauteur de leur investissement. Ces travaux collaboratifs ne peuvent reposer sur le bénévolat, ces missions doivent être reconnues et valorisées par l’administration. 


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Le SE-Unsa lance une action en direction des parlementaires pour que l’indemnité de fonction des AESH soit revalorisée en plus de la demande de revalorisation de la valeur du point d’indice portée avec l’UNSA Fonction publique.

L’année 2024 aura été non seulement une année blanche en matière de rémunérations mais également une année de régression importante du pouvoir d’achat avec la suppression de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (Gipa).
 
Pour la seule année 2024 c’est 2 % d’inflation, ce qui a précisément justifié la revalorisation du Smic. Les AESH sont rémunérés sur la base de 1826 € brut pour un temps plein soit 1467,84 € net par mois, mais la majorité subit un temps incomplet et perçoit un salaire brut de 1132 € soit 910 € net par mois. 
 
Pour cette raison, le SE-Unsa a lancé une action en direction des parlementaires pour les alerter et leur demander d’augmenter le budget 2025 afin de pouvoir revaloriser l’indemnité de fonction dont la création avait été portée par le SE-Unsa.
 
En effet, les AESH jouent un rôle central dans le fonctionnement de notre système éducatif, rendant possibles par leur action au quotidien l’inclusion et l’accès à l’éducation d’un grand nombre d’élèves. Alors le mépris, ça suffit !

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Le Conseil d’État, par sa décision du 28 novembre, annule l’arrêté du 15 mars 2024 ainsi que la note de service sur la mise en œuvre des groupes de besoins. Une décision plus rapide que prévu qui intervient dans un contexte politique instable. Le ministère devra produire un nouveau texte pour faire exister les groupes au collège à la rentrée prochaine.

Une victoire sur la forme…

Il n’aura fallu qu’une semaine au Conseil d’État pour rendre sa décision, après les conclusions de son rapporteur public qui attaquait la légitimité du texte mettant en œuvre les groupes de besoins au collège, en 6e et en 5e, sur la totalité du volume horaire de français et de mathématiques. 
 
Cette décision entérine l’illégalité d’un texte imposé dans la précipitation par l’ex-ministre de l’Éducation Gabriel Attal, et qui avait suscité une forte opposition du SE-Unsa dès sa publication. Le SE-Unsa avait alors déposé un recours auprès du Conseil d’État, pointant les failles réglementaires d’un texte qui remet en question le collège unique ainsi que l’autonomie des établissements. La décision de la plus haute instance juridique ne fait que confirmer les défauts d’une mesure mal pensée et incomprise. Les effets de l’annulation du texte sont différés jusqu’à la fin de l’année scolaire, soit le 6 juillet 2025, afin de ne pas bouleverser encore une fois l’organisation des collèges.

… mais insuffisante sur le fond

Si l’on peut se réjouir de cette décision, la vigilance est toutefois de mise, car l’annulation du texte n’acte pas pour autant la fin des groupes au collège. En effet, le Conseil d’État ne remet pas en question la mesure phare du Choc des savoirs sur le fond, mais sur la forme : le ministère de l’Éducation n’était pas légitime pour mettre en œuvre les groupes de besoins par un simple arrêté ; cette réforme nécessitait un décret. Rien n’interdit alors le ministère, avant la fin de l’année scolaire, de publier un nouveau texte afin de régulariser et de pérenniser les groupes de besoins. 
 
Sur le fond, le Conseil d’État considère que les groupes au collège ne constituent pas des classes de niveau, qu’ils ne concernent que deux disciplines d’enseignement, qu’ils sont flexibles et ne remettent en question ni les programmes, ni l’acquisition du socle commun de compétences. Seule la base réglementaire est donc contestée, ce qui laisse une marge de manœuvre au ministère.
 

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa est satisfait que le Conseil d’État ait rappelé que le ministère n’est pas au-dessus des lois. Pour autant, il regrette que la question des groupes au collège, qui concerne l’ensemble de la société, n’ait pas donné lieu à une discussion au Parlement. Seul le débat démocratique aurait pu rendre compte des effets néfastes d’une mesure séparatiste et inefficace, dont les défauts ne se limitent pas à l’aspect réglementaire. 
 
En agissant de la sorte, le Conseil d’État permet in fine au ministère d’imposer sa mesure par un nouveau texte qui ne changera que sur la forme. La menace sur le collège unique pèse encore. Le SE-Unsa réaffirme son opposition aux mesures du Choc des savoirs et poursuivra son action pour les combattre.

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