EN CE MOMENT : bonne rentrée à tous et toutes !

Le 27 août, le SE-Unsa a adressé un courrier au ministre de l’Éducation nationale sur les dysfonctionnements d’Onde Version 2. C’est le second en trois mois. Le premier datait du 29 mai. Entre les deux, la rentrée a commencé à se préparer et les problèmes ont changé de nature : ils ne ralentissent plus le travail des directeurs et directrices, ils produisent des données fausses et des documents légaux incomplets.

Depuis mai, tout s’est dégradé

L’expérimentation d’Onde V2 a commencé le 15 octobre 2025 dans deux académies. Le déploiement de la vague 4, le 20 mai, a provoqué des incidents en production suffisamment graves pour que l’accès à l’application soit suspendu du 22 au 27 mai pour toutes les académies concernées. La réouverture a été annoncée le 27 mai à 12h30. Dans les faits, l’application a très peu fonctionné jusqu’en juin.

Le SE-Unsa est intervenu par écrit le 29 mai. La réponse ministérielle, reçue le 17 juin, attribue les incidents à une saturation de la base de données et à une capacité insuffisante de traitement des flux. Elle annonce aussi un recensement chiffré des signalements en vue d’un bilan consolidé. Nous n’avons pas eu ce bilan.

Il faut d’ailleurs dire un mot de la méthode annoncée. Un bilan construit à partir des tickets déposés comptera toujours moins d’incidents qu’il n’y en a eu : un·e directeur·rice qui perd une demi-journée à contourner un bug n’en passe pas une seconde à le décrire. Plus l’application dysfonctionne, moins les signalements remontent. Le chiffre obtenu mesurera davantage la bonne volonté des directeur·rices, que l’état de l’outil.

Trois problèmes majeurs

> Le registre matricule est incomplet

Ce registre liste tous les élèves accueillis par l’école avec leurs dates d’entrée et de sortie. Il est conservé cinquante ans et sert de preuve de scolarisation pour des demandes de nationalité ou des reconstitutions de droits à la retraite des responsables légaux. La radiation d’un élève qui part au collège ou change d’école est réglementairement datée au 31 août, pour qu’aucune journée ne le laisse scolarisé nulle part.
Or, depuis la Version 2, le registre n’affiche que les radiations antérieures à la date de consultation. Un registre généré avant le 31 août ne contient donc ni les élèves partis en 6e ni ceux qui changent d’école. Le registre 2025-2026 est aujourd’hui gelé dans cet état.

> Les décisions de passage ont été effacées

La campagne de saisie s’est tenue du 11 mai au 12 juin. Depuis le gel de l’application le 24 août, les CM2 et les sortants ont disparu des répartitions 2025-2026 et un nombre équivalent d’élèves apparait « sans passage » sur 2026-2027. Dans les écoles documentées, les directeur·rices constatent la même coïncidence dans leur établissement.
Il ne s’agit pas d’un oubli de saisie. La décision de passage en 6e conditionne l’affectation sur Affelnet : un dossier ne peut pas y être traité sans elle. Ces décisions ont donc nécessairement été enregistrées.
Des DSDEN ont écrit aux écoles pour leur demander, ici de réadmettre manuellement ces élèves dès la rentrée, ou là, de procéder à une remontée d’effectifs. Tant que ces réadmissions ne sont pas traitées école par école, les effectifs consultables par les services académiques sont faux. Ce sont ces effectifs qui fondent le constat de rentrée et les décisions d’ouverture et de fermeture de classe. Le ministère ne peut pas simultanément déployer une application défaillante et s’appuyer sur les chiffres qu’elle produit pour arrêter la carte scolaire.

> L'édition des fiches de renseignements est revenue dégradée

En Version 1, le directeur ou la directrice générait lui-même le PDF des fiches préremplies, au moment où il en avait besoin. La fonction avait disparu au déploiement de la Version 2. Elle est réapparue dans l’interface le 27 août, mais sous une autre forme : il faut désormais déposer une demande, dont aucun délai de traitement n’est annoncé, et les documents générés ne restent téléchargeables que trois jours avant que tout soit à refaire.
Cette fenêtre de trois jours ignore les conditions réelles d’exercice. Un directeur ou une directrice qui dispose d’une journée de bureau toutes les trois semaines n’a presque aucune chance qu’elle tombe au bon moment. Sans ces fiches, la vérification des données administratives des familles suppose une reprise dossier par dossier, alors que la liste électorale pour l’élection des représentants de parents doit être établie vingt jours avant le scrutin, donc avant le 15 septembre.

L’avis du SE-Unsa

L’article L411-2 du Code de l’éducation prévoit que le directeur d’école dispose des moyens numériques nécessaires à l’exercice de sa fonction. Cette obligation n’est pas respectée.

Le SE-Unsa demande :

    • que la génération du registre matricule reste possible après le 31 août avec les radiations affichées,
    • que l’édition groupée des fiches de renseignements soit rétablie dans son fonctionnement de la Version 1,
    • qu’une réunion de travail avec des représentants des personnels établisse un calendrier de rétablissement des fonctionnalités manquantes.
    • que tout nouveau déploiement applicatif soit reporté à l’été.

Ces demandes ne portent pas sur les équipes techniques, qui gèrent depuis dix mois les conséquences d’un calendrier qui ne leur a pas laissé le temps de stabiliser l’outil. Elles portent sur les décisions de déploiement.

Vous rencontrez ces difficultés ?

Signalez-les-nous. Les constats datés et documentés, captures d’écran à l’appui, sont ce qui donne du poids à nos interventions : ceux que vous nous avez transmis ont directement nourri ce courrier.


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