Le 27 et 28 janvier 2015, s’est tenue la première conférence de consensus intitulée : « Lutter contre les difficultés scolaires : le redoublement et ses alternatives ? » organisé par le Cnesco et l’Ifé/ENS de Lyon.

Une conférence de consensus vise à faire le lien entre les préoccupations et les questions des praticiens et du grand public, d’un côté, et les productions scientifiques, de l’autre.

Les conclusions de la conférence de consensus peuvent se résumer ainsi : face à la difficulté scolaire à l’école et au collège, le redoublement est une réponse à la fois inefficace et inéquitable. Au lycée, redoubler pour assurer une orientation choisie est souvent une prise de risque importante, notamment sur le long terme. Supprimer le redoublement ne résoudra pas ces difficultés. Mais, continuer à faire redoubler ne fera qu’apporter une réponse inadaptée à la difficulté scolaire contribuant à creuser les inégalités scolaires à l’école. C’est pourquoi, des solutions plus efficaces que le redoublement doivent être trouvées, validées et mises en œuvre.

Il semble qu’on puisse dire, aujourd’hui, que le redoublement peut avoir des effets positifs faibles sur les performances scolaires à court terme, dans certains contextes précis, mais que ces effets se dissipent très rapidement et deviennent, le plus souvent, négatifs à plus long terme. Les enseignants, les parents et les élèves français soutiennent largement le redoublement en dépit des nombreuses études qui montrent son inefficacité. L’apport des connaissances scientifiques ne suffit pas à modifier ces croyances. Celles-ci sont confortées, notamment, par l’absence d’alternatives. Le redoublementrassure professionnels et familles comme une solution pragmatique mais c’est avant tout un symptôme, un constat d’impuissance dans le traitement de la difficulté scolaire et dans la capacité de notre système à faire réussir les élèves dans un cursus résultant d’une orientation choisie.

Un décret du 18 novembre 2014 proscrit le maintien en maternelle, et limite drastiquement son usage au primaire et en collège. Il ne peut intervenir que pour « pallier une période importante de rupture des apprentissages scolaires ». Dans les classes liées à l’orientation, le redoublement reste accordé en cas de demande des parents lorsqu’il existe un désaccord entre les vœux des familles et la décision d’orientation définitive.

Une éducation à l’orientation en formation initiale et continue mériterait d’être conçue avec les familles, les collectivités et structures compétentes, l’ensemble des partenaires impliqués.

Cette formation doit permettre de travailler précocement avec les élèves l’estime et la connaissance de soi, apprendre à se poser des questions, s’informer, découvrir, enquêter, faire des choix, pour, à terme, reconnaître, valoriser et développer les compétences nécessaires pour devenir auteur de son orientation.

Donner beaucoup plus à ceux qui sont en grande difficulté, en privilégiant le début de la scolarité :

  • réduction des tailles de classe (-5 élèves par classe);
  • plus de maîtres que de classe quand ce sont les enseignants les plus motivés et les plus expérimentés qui font ce travail;
  • scolarisation des tout-petits.

Il faut que les dispositifs existants soient évalués au niveau national.

Mettre véritablement en œuvre les cycles ce qui donnera plus de souplesse aux différents rythmes d’apprentissage des enfants.

L’expérimentation rigoureuse d’alternatives est également mise en avant :

  • les cours d’été ;
  • un cycle-un professeur, ce qui suppose d’accompagner les enseignants pour les aider à lisser les apprentissages sur trois ans avec une approche différenciée. Pour le cycle 3, la pratique d’équipes mixtes « école-collège » intervenant sur les trois ans du cycle pourrait être expérimentée aussi, chacun gardant son statut ;
  • des classes multi-âges qui nécessitent une organisation pédagogique spécifique permettant de tirer parti de l’hétérogénéité du groupe-classe et de suivre les élèves plusieurs années avec cette approche différenciée ;
  • de nouvelles formes de co-intervention au collège en sixième et en cinquième.
Ces propositions et la perspective de réduire encore très fortement le redoublement, entraînent :
  • le développement d’outils d’évaluation standardisés permettant de véritablement évaluer le niveau des élèves, leurs difficultés et leurs progrès;
  • la reconnaissance des prises d’initiatives et d’innovations efficaces, de l’expertise des enseignants;
  • la création de véritables conditions de concertation entre les équipes.

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Communiqué de presse de l'UNSA

L’UNSA s’associe à l’indignation générale suscitée par l’attentat sanglant qui vient d’intervenir à Charlie Hebdo. Elle s’incline devant la mémoire des victimes, dont celle des deux fonctionnaires de police qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs missions, et assure de sa sympathie toutes les familles dans la douleur.

Au-delà de l’horreur et de l’émotion  ressenties, la justice devra dire les circonstances précises de ces actes meurtriers, identifier leurs auteurs et les condamner.

En visant un journal, en choisissant délibérément de recourir à une violence extrême et barbare, les meurtriers avaient un objectif : celui d’affaiblir la démocratie. L’UNSA appelle à ne pas céder aux visées terroristes. C’est avec fermeté, mais dans le cadre des valeurs de notre république – la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité – qu’il convient de réagir.

 

À Bagnolet, le 07 janvier 2015


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La Loi du 11 février 2005 a vu apparaître de nouvelles catégories de handicaps. En effet, la loi a retenu une définition large de la notion de handicap qui correspond désormais à « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de la santé invalidant ».

En élargissant la notion de handicap, la loi a eu comme conséquence une très forte augmentation de la qualification de handicap pour des troubles du comportement ou des apprentissages, ne relevant pas antérieurement de cette qualification. Son corollaire est une augmentation importante du nombre d’élèves pour qui sont demandées des prises en charge hors Éducation nationale.

Une augmentation des prises en charge hors Éducation nationale

Des centres médico psychologiques indiquent que le nombre d’enfants reçus a énormément augmenté depuis 5 ans, et que les personnels (orthophonistes, psychomotriciens, psychologues) manquent. Les diagnostics psychoaffectifs, anxiété, dépression, …  ont été supplantés par une explosion de troubles des apprentissages, dyslexies, dyspraxies, dyscalculies… et d’enfants présentant de très gros problèmes de comportement. Beaucoup d’élèves envoyés par les enseignants sont mal orientés et allongent dramatiquement les listes d’attente, tout en restant sans réponse. L’externalisation de plus en plus précoce de la prise en charge de la difficulté scolaire par les enseignants, est en partie liée au stress généré par la pression des évaluations (de circonscription, nationales, PISA,…), l’obligation de résultats, la densité des programmes, la raréfaction des Rased, la formation initiale insuffisante, les recommandations de dépistages toujours plus précoces quels que soient les maux…

La prévention sans prédiction

De façon plus inattendue, la vulgarisation des neurosciences angoisse davantage les enseignants qu’elle ne les informe. Craignant de passer à côté d’une pathologie, dès qu’ils sont en difficulté avec des élèves jeunes présentant des comportements agités ou des difficultés d’apprentissage, certains pensent bien faire en introduisant dans leur communication avec les familles leurs inquiétudes : « peut-être est-il hyperactif ou dyslexique, dyspraxique… » Or, il ne faut pas confondre la prévention prédictive et la prévention prévenante. La première, par un effet de halo, risque d’enfermer l’enfant dans une interprétation qu’on va chercher à confirmer.  Elle risque « de contraindre l’enfant à se conformer à l’image qu’on attend de lui, alors que la thérapeutique est essentiellement un travail sur les possibilités de changement de l’enfant à la mesure de ses propres compétences et ressources.1» La prévention prévenante laisse le temps au diagnostic multidimensionnel.

La démarche raisonnée dans les prises en charge

L’éparpillement des prises en charge, favorise chez l’enfant les difficultés d’attention /concentration, la dispersion de la motivation scolaire, le sentiment de non-appartenance à la classe, et génère de l’inquiétude car, les enfants et leurs familles n’arrivent pas toujours à faire le lien entre tous les intervenants. L’enseignant lui-même peut se sentir dépossédé de son élève. Il faut adopter une démarche raisonnée, dans la prévention de la difficulté scolaire et dans sa prise en charge. Les élèves ne doivent pas être envoyés en service extérieur sans que leurs difficultés ne soient passées par le filtre des enseignants spécialisés du Rased, des psychologueset parfois des médecins. Selon les problématiques : pédagogiques, orthophoniques, éducatives, cognitives, psychiques, médicales,… les orientations vers les professionnels adéquats seront proposées en veillant à la cohérence et à la hiérarchisation des prises en charge dans et hors Éducation nationale.       

1 Delion P., Ecouter, soigner, Albin Michel, 2013 
2 La circulaire du 10 avril 1990 sur les missions des psychologues indique que dans les cas  où la mise en œuvre d’une prise en charge spécialisée paraît souhaitable, le psychologue scolaire conseille aux familles la consultation d’un service ou d’un spécialiste extérieurs à l’école.


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