La Loi Rilhac de décembre 2021 a fait évoluer la fonction de directeur et directrice d’école en créant un statut. Le décret 2023-777 publié le 14 août 2023, qui a vocation à traduire cette évolution pour permettre une mise en oeuvre concrète, mérite des précisions car il laisse une porte grande ouverte aux interprétations locales. Pour mettre un terme aux dysfonctionnements engendrés, le SE-Unsa vient d’écrire au ministre.

Parce qu’il n’est pas possible de laisser s’installer iniquités entre territoires et conditions détériorées d’entrée dans la fonction de direction, le SE-Unsa exige à travers son courrier à Gabriel Attal :
 
  • un respect de la règle par les Dasen concernant la liste d’aptitude ;
  • une meilleure visibilité sur la formation des directeurs et directrices et une réelle prise en compte des besoins des « faisant fonction » et des chargés d’école ;
  • l’octroi de la bonification d’ancienneté pour les « faisant fonction » ;
  • une meilleure anticipation des vacances de poste pour éviter toute « affectation imposée » ;
  • la publication d’une grille d’entretien pour l’évaluation des directrices et directeurs.

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Le plan de lutte contre le harcèlement présenté par la première ministre et le ministre de l’Éducation nationale s’appuie sur 3 axes : prévention, détection et sanction. Ce plan de grande ampleur est ambitieux et repose sur l’action conjointe de plusieurs ministères. Sa réussite, que nous appelons de nos vœux, nécessitera des moyens, de la cohésion et une implication de tous les acteurs sur le temps long, à l’École et à l’extérieur de celle-ci. Plus que du harcèlement scolaire, il s’agit de harcèlement entre élèves dans les différentes sphères de leur jeune vie, pas seulement à l’École.

Prévenir, c’est la clé

La prévention contre le harcèlement débutera dès l’école maternelle par des apprentissages autour de l’empathie. Plus que des cours avec des horaires définis et de nouveaux programmes, les personnels ont besoin d’outils complémentaires à ce qu’ils font déjà. L’utilisation de la méthode danoise pour développer l’empathie, parce qu’elle a fait ses preuves, est une entrée intéressante. 
 
La poursuite et le renforcement du dispositif pHARe, va dans le bon sens. Cependant, il conviendra de dresser un premier bilan cette année. En fonction des retours d’expérience, le dispositif devra pouvoir être enrichi et modifié pour s’adapter aux besoins réels des écoles et des établissements. L’employeur devra aussi être en mesure de rassurer les collègues pour lesquels les responsabilités que ce dispositif confère sont parfois un frein à leur engagement plein et entier.
 
Enfin le questionnaire (du CE2 à la terminale) destiné à identifier les signaux faibles est un outil supplémentaire. Pour le SE-Unsa, afin que la parole soit libre, il faudra le rendre anonyme. Par ailleurs, son organisation devra être pensée pour ne pas reposer sur quelques personnels mais bien partagée par tous. De même, l’ambition de ce questionnaire ne doit pas être de produire des statistiques lourdes en gestion, chronophages et dénuées de sens mais bien d’identifier les élèves en souffrance. 

Avoir du personnel en nombre et formé, c’est primordial

Pour lutter efficacement contre le harcèlement à l’École, il faut surtout des équipes pluridisciplinaires en nombre suffisant : enseignants, psychologues, CPE, AED, AESH, infirmières etc… Ces personnels doivent être formés, confortés dans leur mission et soutenus face à des situations complexes qui tendent les rapports avec les familles. Le SE-Unsa demande également que des assistants d’éducation en charge de missions d’appui pédagogiques et éducatives soient affectés dans les écoles. 
 
Le ministère doit engager un plan de formation de l’ensemble de la communauté éducative, avec comme premier objet la définition pénale du harcèlement, seule à même de se comprendre. La formation des familles est aussi primordiale.
 
Pour le SE-Unsa, la nécessaire formation pour accompagner le plan de lutte contre le harcèlement doit se faire sur le temps de service des personnels. 
 

Le temps médiatique n’est pas le temps de l’École

Le ministre, habile communicant, cible les familles et l’opinion publique avant de défendre le travail déjà fait par les personnels de son ministère. Il se réjouit que la parole soit libérée, qu’il y ait un tsunami de témoignages ou que la peur change de camp. Ce vocabulaire, parfois guerrier, est certes volontariste mais aussi très simpliste. 
 
Pour le SE-Unsa, ce n’est pas d’un électrochoc porteur de lésions dont les milieux scolaires ont besoin. Tous les enseignants, CPE, PsyEN, AED, AESH en responsabilité au quotidien doivent pouvoir bénéficier d’un temps réfléchi et grave d’appropriation d’outils de réparation. Les situations de harcèlement sont toujours complexes et les élèves, harcelés ou harceleurs, doivent tous être pris en charge pour que cela cesse.
 
S’il n’est pas question de remettre en cause la parole de l’élève, un travail sérieux d’identification de faits pénalement caractérisés est nécessaire et cette responsabilité ne peut pas incomber aux seules équipes des écoles et des établissements. 
 

Pour le SE-Unsa, la mobilisation autour de la lutte contre le harcèlement était attendue après la multiplication des drames et des souffrances subies par les victimes du harcèlement et leurs familles. Sa mise en œuvre devra se faire avec les personnels, sans précipitation et avec rigueur. Le temps médiatique, quelle que soit l’urgence, n’est pas le temps de l’École. Si ce plan devait être prioritaire pour le ministre, alors il faudra déprioriser d’autres plans et actions jusque-là présentés comme tel. Pour le SE-Unsa, l’École ne peut pas et ne doit pas « faire » toute seule. 


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Depuis le 1er septembre 2023, la prime d’attractivité a augmenté pour les fonctionnaires enseignants, CPE et PsyEN des échelons 2 à 7. Elle est versée également aux stagiaires échelon 1 qui en étaient exclus depuis 2021.
 
Cette prime est versée mensuellement pour les personnels des échelons 1 à 9. 
 
Elle s’applique également aux stagiaires qui perçoivent 2 130 € brut annuels, et ce quelle que soit leur quotité d’exercice.
 

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, l’élargissement aux stagiaires est la reconnaissance que l’on ne commence pas sa carrière un an après le concours mais bien dès la réussite de celui-ci. Le SE-Unsa a obtenu de faire reculer le ministère qui initialement voulait faire une distinction entre les stagiaires en exercice à temps plein devant les élèves et ceux à mi-temps. 
 
L’effet de la montée en charge progressive de cette indemnité a permis de faire des premiers salaires des salaires plus attractifs. Néanmoins, à diplôme équivalent, la rémunération des enseignants, CPE et PsyEN reste très en deçà des salaires qu’il est possible d’obtenir à diplôme équivalent dans le privé. 
 
Si les rémunérations ne sont pas le seul élément qui explique le déficit d’attractivité de nos métiers, il en est un élément essentiel. Certes, la question des rémunérations en début de carrière a été travaillée, elle n’est pas pour autant résolue. Il reste à faire.

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Cette prime de 176 € brut est versée aux bénéficiaires en activité au 1er janvier. Elle est attribuée chaque année aux personnels exerçant à temps complet comme à temps partiel.

Bénéficiaires

  • Enseignants, stagiaires et titulaires, exerçant des missions d’enseignement
  • Psychologues de l’Éducation nationale, stagiaires et titulaires
  • Contractuels exerçant les missions ci-dessus, sous certaines conditions.
 

Compensation pour les profs docs et les CPE

En 2021, nous avions obtenu une revalorisation de leurs indemnités, légèrement supérieure au montant de la prime d’équipement informatique :
 
  • de 767,10 € à 1 000 € brut pour les profs doc, revalorisée à 2 550 € brut à la rentrée 2023
  • de 1 213,56 € à 1 450 € brut pour les CPE, revalorisée à 2 743,97 € brut à la rentrée 2023
Dans la mesure où, depuis, plusieurs augmentations sont intervenues notamment pour converger vers les montants de l’Isoe, l’augmentation de l’indemnité de fonction que nous avions obtenue pour ces personnels en 2021 prend tout son sens. 
 

Exclus sans solution

Restent aussi exclus certains enseignants comme les conseillers pédagogiques, les Erun, les Dacs, les DDFPT… s’ils n’exercent pas directement des missions d’enseignement, ainsi que les collègues en congé parental, en disponibilité ou en congé de formation professionnelle au 1er janvier. Un collègue qui prendrait 2 mois de congé parental autour de cette date sera exclu, ce qui est inadmissible. Cela pénalisera encore les femmes qui sont toujours les plus nombreuses à prendre ce congé, ainsi que les hommes qui ont la volonté d’inverser cette tendance.

Contractuels en CDD et CDI

Les personnels contractuels en CDI bénéficient de la prime d’équipement.
En CDD, la prime est attribuée pour des contrats d’un an au 1er janvier ou des contrats successifs d’une durée cumulée d’un an, sous réserve que l’interruption entre 2 contrats soit inférieure à 4 mois.

Pour le SE-Unsa, la création de cette prime était une bonne idée qui répondait à une demande forte du terrain. Pourtant, en excluant certains enseignants et les CPE, un sentiment d’injustice perdure.
 
Le SE-Unsa va poursuivre l’action jusqu’à obtenir des solutions indemnitaires pour chaque catégorie exclue à ce jour du bénéfice de la prime.

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Début septembre, les associations du collectif « Ma place, c’est en classe » (ANPEA, APF France handicap, ASEI, Droit au savoir, Gapas, FCPE, FISAF, FNASEPH, Fédération PEEP, Trisomie 21 France, UNANIMES) publient les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop qui a interrogé 601 enseignants. Ce sondage est un exemple supplémentaire de la manière dont les enseignants perçoivent l’inclusion scolaire.

Les enseignants sont favorables à l’inclusion scolaire

Les enseignants interrogés sont favorables à une scolarité des élèves en situation de handicap dans des établissements scolaires ouverts à tous. 81 % d’entre eux trouvent cela normal, 91 % des enseignants de moins de 35 ans le pensent. 90 % des enseignants estiment que la scolarisation d’élèves en situation de handicap est un droit, pour 83 % c’est une obligation. 
 
Les enseignants sont également favorables à la scolarité en milieu ordinaire des élèves présentant des troubles dys (88 %) ou des déficiences auditives ou visuelles (75 %). 
 
Enfin, 79 % des enseignants sont favorables à ce que les élèves avec handicap puissent avoir des évaluations, examens ou concours adaptés à leur handicap, afin de garantir l’équité.
 
Pour 92 % des enseignants interrogés, les parents sont des partenaires indispensables.

Pour les déficiences psychiques, le doute plane

95 % des enseignants sont favorables à la scolarité en milieu ordinaire des élèves en situation de handicap moteur, cependant, ils ne sont plus que 44 % en ce qui concerne le handicap psychique. 
 
L’Ifop note que seule une courte majorité juge leur scolarisation souhaitable au sein d’établissements scolaires ouverts à tous : 58 % pour les enfants autistes, 58 % pour ceux avec des déficiences intellectuelles comme la trisomie 21 et 44 % pour ceux présentant des troubles psychiques.
 

L’École inclusive nécessite des moyens

Selon ce sondage, les enseignants perçoivent l’École inclusive, au-delà des appréhensions qu’elle soulève, comme source d’enrichissement. Cependant, en corolaire du manque de moyens évoqué spontanément pour décrire l’École inclusive, le besoin de support, humain notamment, est indiscutable. Les enseignants évoquent ainsi le recrutement d’aides humaines supplémentaires (AESH), la réduction des effectifs par classe ainsi que la nécessité d’être formé. 
 

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, en application de la loi du 11 février 2005, la scolarisation des élèves en situation de handicap est une mission collective et une obligation nationale. Il est donc normal que ces élèves soient accueillis dans les écoles et les établissements à toutes les étapes de leur parcours scolaire, qu’elles se déroulent dans les classes ordinaires, les structures adaptées, les dispositifs spécialisés de l’Éducation nationale ou au sein des établissements médico-sociaux. En classe ordinaire, la prise en charge de ces élèves, notamment dans le 1er degré, est partagée entre les enseignants de la classe, les enseignants spécialisés et les psychologues des Rased.
 
Le SE-Unsa revendique des réponses ambitieuses aux besoins spécifiques des élèves en situation de handicap.
 
Pour le SE-Unsa, l’État doit garantir le droit à compensation et permettre la mise en œuvre rapide des décisions de la commission des droits et de l’autonomie (CDA) par l’attribution des moyens financiers, matériels et humains nécessaires (pédagogiques, éducatifs, thérapeutiques, rééducatifs, aides techniques et humaines, et d’accompagnement) et assurer l’équité de traitement sur l’ensemble du territoire. Le SE-Unsa demande l’ouverture de places en établissement spécialisé.
 
Le SE-Unsa exige en particulier l’augmentation du nombre d’enseignants référents afin d’assurer un maillage satisfaisant du territoire. Ceux-ci doivent disposer de la part de l’État et des collectivités locales des moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions.
 
Enfin, le SE-Unsa demande que la spécificité de la scolarisation des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire soit développée dans la formation initiale et continue de tous les personnels. Un accompagnement particulier de la pratique professionnelle dans le cadre de la mise en application du projet personnalisé de scolarisation (PPS) de ces élèves est également nécessaire.
 
D’autre part, pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, le SE-Unsa insiste sur l’importance des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, composés d’enseignants spécialisés maillons essentiels de la mise en œuvre de l’École inclusive. Ces réseaux doivent pouvoir intervenir à tout moment de la scolarité auprès des élèves pour remédier à des difficultés persistantes malgré les aides apportées par leur enseignant dans le cadre de la classe.
Les psychologues de l’EN aident à analyser les besoins pour favoriser l’inclusion des enfants à besoins éducatifs particuliers et construisent avec l’ensemble des partenaires accompagnant l’enfant un projet de scolarisation adaptée. Les équipes des circonscriptions de l’EN sont également une ressource indispensable pour la scolarité des élèves à besoins éducatifs particuliers.
 

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Le décret du 16 août 2023 sur le harcèlement scolaire est souvent présenté comme LA réponse de l’institution aux problèmes de harcèlement dans le 1er, comme dans le 2d degré. Or, s’il faut convenir qu’il apporte quelques réponses, il ne règlera pas tout.

Le dialogue et la pédagogie comme première entrée

Ce décret le rappelle, la première entrée pour régler un problème de harcèlement reste le dialogue avec les élèves concernés (victime, auteur(s), témoins) et leur famille. C’est comme ça que la plupart des situations se règlent déjà, et rien ne changera de ce point de vue. Quand le dialogue et la pédagogie auront échoué, d’autres mesures sont envisageables (déplacements, sanctions disciplinaires).

Changer un élève harceleur d’école : ni obligatoire, ni automatique

Le décret, s’il reprend une définition proche de celle du harcèlement, ne spécifie pas directement le harcèlement. Le mot n’y est jamais écrit concernant le 1er degré. La formulation peut concerner des situations de harcèlement mais elle pourrait aussi très bien s’appliquer à des élèves ayant des troubles du comportement qui n’agissent pas comme harceleurs. Le SE-Unsa a tenté, en vain, de faire modifier cette partie de décret. Nous sommes inquiets des possibles dérives à l’encontre des élèves à besoins éducatifs particuliers qui pourraient être des victimes collatérales de ce texte.
 
Le déplacement, dorénavant possible, d’une école à une autre d’un élève harceleur sans l’accord des parents, ne sera que la mesure ultime d’un processus pédagogique et éducatif. Cette disposition ne sera ni obligatoire, ni automatique. Pour ce faire, il faudra que le Dasen le décide, en concertation avec l’équipe pédagogique de l’école, et que le maire l’accepte. La difficulté viendra des situations où l’élève devra être scolarisé dans une autre commune, le maire d’accueil sera sûrement peu enclin à accepter un élève harceleur dans une de ses écoles. De fait, cette situation crée une rupture d’égalité entre des élèves scolarisés dans des communes à plusieurs écoles où un seul maire sera décisionnaire et ceux scolarisés dans des communes à école unique où un deuxième maire pourra bloquer la décision du Dasen.
Une suspension de l’accès à l’école, à titre conservatoire en attendant le changement d’école, d’une durée maximale de 5 jours, est aussi instituée par ce décret.
 

Des sanctions disciplinaires… que dans le 2d degré

Ce décret ne change rien au régime des sanctions disciplinaires dans le 1er et le 2d degré. Dans les collèges et lycées, le recours au conseil de discipline est élargi. Dorénavant, un chef d’établissement pourra convoquer un conseil de discipline pour un élève de son établissement qui aura commis des faits de harcèlement scolaire sur un élève d’un autre établissement. C’est une réponse de plus à disposition des établissements mais qui sera sûrement difficile à mettre en œuvre concrètement. Pour constituer un dossier de conseil de discipline il faut des faits constatés. Or, dans les cas prévus par le décret, il s’agira essentiellement de cyberharcèlement puisque le harcèlement n’aura pas lieu dans l’établissement de l’élève en passe d’être sanctionné. Il sera bien difficile pour le chef d’établissement d’apporter les preuves attendues, en dehors de celles d’une enquête de police judiciaire.
Dans le premier degré, la procédure de changement d’école ou la suspension de l’accès à l’école à titre conservatoire ne sont pas des sanctions disciplinaires.

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, ce texte propose deux nouvelles possibilités aux équipe éducatives des écoles, des collèges et des lycées qui pourraient être une réponse à de réelles difficultés.
Cependant, ce décret prévoit des dispositions qui seront souvent difficiles à appliquer, sans oublier ni le risque sur les élèves à besoins éducatifs particuliers ni son caractère inégalitaire dans le 1er degré.
Le défaut majeur de ce décret est bien de lui donner une importance qu’il n’a pas, aux yeux des familles et des personnels. Il est un outil mais pas l’outil miracle que d’aucuns pourraient attendre.

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Après l’annonce médiatique de Gabriel Attal sur l’interdiction de l’abaya et des qamis, le ministre a envoyé un mail aux chefs d’établissement, IEN, directeurs et directrices d’école comprenant une note de service (parue au BO du jeudi 31 août) et une lettre à destination des parents d’élèves concernés.

Quoi de neuf ?

Dans cette note de service, il est rappelé le principe, l’état du droit existant ainsi que la procédure à suivre lorsqu’un ou une élève porte atteinte au principe de laïcité. La loi de mars 2004 prohibe dans les établissements scolaires les tenues et objets manifestant ostensiblement une appartenance religieuse. La note de service assimile les abayas et qamis à des tenues tombant sous le coup des dispositions de la loi. En revanche, il serait abusif de considérer qu’elle les interdit car une note de service ne peut pas créer du droit ; elle est une instruction à ses destinataires. 

Rappel de la marche à suivre

En cas de non-respect des principes de la laïcité, ce qui peut dépasser très largement la question des abayas et des qamis, le ministère rappelle la procédure à suivre : 
 
  • demander le soutien des équipes académiques valeurs de la République (EAVR) si besoin 
  • entamer un dialogue avec la famille et utiliser la lettre pour faire comprendre la règle 
  • engager une procédure disciplinaire, permise par le décret du 16 août 2023 dans les établissements du second degré (lire notre article sur ce décret au sujet du harcèlement expliquant la différence entre EPLE et écoles sur les sanctions disciplinaires et la mesure conservatoire)
 
Au-delà des outils et des process déjà existants, la note de service demande l’intégration de l’éducation à la laïcité dans tous les projets d’école et d’établissement, et indique qu’une formation en direction des CPE aura lieu en cours d’année.
 

L'avis du SE-Unsa

La note de service apporte aux collègues une assurance de soutien en cas de difficultés. On ne pouvait pas en attendre moins du ministre sur le sujet de la laïcité dont il réaffirme l’importance comme principe cardinal, protecteur de la liberté de conscience. Pour autant, s’il est important de rappeler les principes, cela ne saurait constituer une réponse en soi. 
 
Pour le SE-Unsa, une analyse précise des profils des établissements concernés est indispensable. 
 
Il est également essentiel de comprendre et d’agir sur ce qui se joue derrière ces atteintes car les causes sont plurielles et de natures parfois très différentes. Derrière ces atteintes se jouent parfois des tentatives des milieux islamistes de mettre à mal la République. D’autres fois ce sont des attaques contre ce que représente l’École pour des élèves qui ne se reconnaissent pas dans les promesses non tenues de l’École républicaine. D’autres fois encore, il s’agit de provocations d’adolescents contre une norme fixée par les adultes. 
 
Quelles que soient les raisons de ces atteintes, il est nécessaire d’y répondre de manière appropriée, fermement mais pas idéologiquement. Il est également indispensable de poser la question de la non-mixité sociale, de la ségrégation scolaire et de leurs effets. Pourtant, ce sujet semble un angle mort de cette rentrée, le gouvernement ayant délibérément décidé de l’occulter.

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Le ministère a présenté lors d’un second groupe de travail les mesures de revalorisation des AESH, dans le cadre des annonces de 10 % d’augmentation faites par le président de la République. Pour le SE-Unsa, si ces mesures sont positives, elles sont insuffisantes pour régler la question de la précarité salariale.

Création d’une indemnité de fonction

Lors du 1er groupe de travail, le SE-Unsa avait obtenu la création d’une indemnité pour tous les AESH à la rentrée 2023. C’est une demande que portait le SE-Unsa depuis 2020. Cependant, nous avions dénoncé le fait que le ministère prévoyait des montants différenciés pour les AESH en CDD ou en CDI. 
 
Le SE-Unsa a obtenu gain de cause dans le projet modifié : cette indemnité aura un montant unique de 1 529 € bruts/an, soit 63 € nets/mois pour un·e AESH exerçant à 62 %. 
 
Le montant est inférieur à ceux annoncés précédemment car une plus grande partie de l’enveloppe budgétaire prévue pour la revalorisation a été consacrée aux mesures indiciaires.
 

Revalorisation de l’indemnité AESH référent

L’indemnité pour la fonction d’AESH référent sera revalorisée à la rentrée 2023. Elle s’élèvera à 660 € bruts/an contre 600 € bruts/an actuellement.

Ajustement de la grille de rémunération

La grille de rémunération sera modifiée afin de prendre en compte les récentes augmentations du traitement minimum de la Fonction publique (en lien avec le Smic) et de rouvrir des perspectives d’avancement.

>> Voir l’ajustement de la grille de rémunération entre le 1er juillet 2023 et le 1er septembre 2023

Pour le SE-Unsa, cette évolution était nécessaire. Cependant, nous regrettons le peu d’évolution sur les premiers échelons où se situent pourtant la majorité des AESH.
De plus, le problème du blocage des rémunérations va à nouveau se poser dès la prochaine revalorisation du Smic et donc de l’indice minimum de la Fonction publique.

Autres mesures Fonction publique

De plus, les AESH bénéficieront des mêmes revalorisations que les autres agents de la Fonction publique : 
 
  • hausse du point d’indice de 1,5 % à compter du 1er juillet 2023 ;
  • prime exceptionnelle de pouvoir d’achat allant jusqu’à 800 € bruts avant la fin de l’année 2023 ;
  • relèvement des grilles de 5 points d’indice à partir de janvier 2024.
 

L’avis du SE-Unsa

Ces mesures ne suffisent pas à résoudre la précarité des AESH et notamment la problématique des temps incomplets. Nous continuons à revendiquer la création d’un corps de catégorie B et la possibilité pour celles et ceux qui le souhaitent d’exercer à temps complet.


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Comme d’habitude, lorsqu’il faut assurer des missions urgentes – voire fondamentales ou dont personne ne veut – les ministres se tournent vers les CPE et les personnels de vie scolaire. Cela bien évidemment à moyens constants et sans rémunération supplémentaire, avec des formations hors temps scolaire. 

Profs absents : vite un·e AED

La mesure phare du Pacte sur le remplacement de courte durée n’a pas suscité l’engouement espéré par le ministre. Les enseignants refusent cette mesure à juste titre (lire notre article). Donc, le remplacement de courte durée pourra être assuré par un AED qui surveillera des élèves face à un module du Cned en visioconférence. 
 
Les vies scolaires n’ont pas été dotées de moyens supplémentaires en AED. Ils ne pourront plus assurer leurs missions principales. Cet exercice risque de trouver rapidement sa limite face au manque de personnel et surtout de déstabiliser les vies scolaires.

Lutte contre le harcèlement : vite un·e CPE

Le programme pHARe est étendu à tous les lycées et des référents harcèlement sont prévus parmi les CPE, les enseignants ou les infirmiers. Encore une tâche supplémentaire affectée aux vies scolaires.
 
Les ministres se suivent et se ressemblent. Le harcèlement est un fléau qui n’a plus sa place dans les établissements scolaires. Si les AED peuvent aujourd’hui être CDIsés c’est bien une mesure pour lutter contre le harcèlement. À condition de ne pas les occuper à prendre le relais dans le dispositif de remplacement de courte durée…
 
Depuis la parution (très rapide) du décret concernant la CDIsation des AED en août 2022, le SE-Unsa n’a eu de cesse de demander sa révision pourtant prévue au premier trimestre 2022. Le nouveau ministre aura-t-il une oreille plus attentive ?
 

Santé mentale des ados préoccupante : vite un·e CPE

L’ancien ministre Pap Ndiaye a décidé qu’il fallait former a minima deux adultes par établissement au secourisme en santé mentale en 2023-2024 dont les CPE et les personnels de vie scolaire, non pas pour soigner mais pour détecter les états de fragilité et de difficultés des élèves. Un protocole sera mis en place.
 
Il a préconisé un dispositif normé et national ainsi qu’un numéro de téléphone national de prévention du suicide à inscrire dans tous les carnets de correspondance : le 3114
Ces personnels peuvent aussi orienter les élèves vers des séances « mon parcours psy », car les ados ont le droit à huit séances gratuites chez le psy (sous conditions).
 
Et si on recrutait plutôt des PsyEN ?

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa continue d’alerter le ministère sur la charge de travail qui ne cesse de s’alourdir pour les CPE et les personnels de vie scolaire sans moyens supplémentaires.
Cette rentrée promet également d’être difficile et compliquée par la récente polémique sur les abayas.

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Suite aux suicides d’élèves et face à la pression médiatique, le ministère de l’Éducation nationale fait feu de tout bois en proposant des mesures pour lutter contre le harcèlement scolaire. 

Un fléau à combattre

Le harcèlement à l’École, qui n’est pas toujours un harcèlement scolaire à proprement parler, est un fléau que l’ensemble de la communauté éducative doit combattre. De plus en plus, le harcèlement à l’école, au collège ou au lycée va de pair avec le cyberharcèlement. Ces situations ne se déroulent pas seulement à l’école et à ce titre elles doivent aussi être traitées par les parents et la justice. L’École doit prendre sa part mais ne peut pas tout.
Le déploiement du programme Phare peut participer à lutter contre le harcèlement, à condition d’avoir les moyens de le déployer correctement.

N’a-t-il pas d’autres solutions que l’exclusion ?

Le ministère souhaite aussi répondre au harcèlement par l’exclusion : le changement d’école sans l’accord des parents pour le premier degré et la possibilité de faire des conseils de discipline dans le 2d degré pour des élèves qui en harcèlent d’autres dans d’autres établissements. Si ces réponses peuvent parfois être une solution, sans accompagnement éducatif, le problème ne sera que déplacé. 

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa veillera à ce que ces dispositifs ne deviennent pas des réponses simplistes au traitement du harcèlement. Pour le SE-Unsa, la question du harcèlement ne se limite ni aux portes de l’école ni au temps scolaire. C’est donc également un travail à conduire en cohérence avec les parents d’élèves, les acteurs de la société et notamment avec les dirigeants de réseaux sociaux dont la responsabilité en matière de modération et de publication est centrale.


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