A l’issue des élections municipales, l’UNSA Éducation exprime sa profonde inquiétude face à la progression des forces réactionnaires et de l’extrême droite, porteuses de divisions et de discours de haine.
À Carcassonne, les attaques visant les médias locaux constituent une atteinte grave au pluralisme de l’information et au fonctionnement démocratique. Ces dérives sont inacceptables et appellent à une vigilance collective.
L’Unsa Education sera vigilante à ce que l’école ne subisse aucune instrumentalisation et demeure le lieu de la formation, du libre examen et du partage des valeurs républicaines. Comme le rappelait Jean Zay : « les écoles doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas. »
Venons-en à l’ordre du jour de ce CDEN.
L’UNSA Éducation a déjà eu l’occasion de s’exprimer lors des instances précédentes pour réaffirmer son opposition aux choix budgétaires ministériels, ainsi qu’au volume de suppressions de postes qui se traduit, dans l’Aude, par 19 fermetures de classes dans le premier degré et 15 suppressions en collèges et SEGPA.
L’UNSA Éducation prend néanmoins acte des ajustements intervenus à l’issue des CSA-SD des premier et second degrés, qui ont conduit à la révision de plusieurs mesures de fermeture.
S’agissant de la carte scolaire du premier degré, la décision de ne pas impacter les écoles de Gennerville, Montbrun, Moussoulens et Salsigne a permis de préserver un maillage territorial indispensable, en particulier en milieu rural. Les écoles constituent en effet des piliers essentiels de la vie locale ; leur affaiblissement aurait entraîné des conséquences durables pour les élèves, les familles et les communes.
Ces évolutions démontrent que le dialogue social, lorsqu’il est pleinement engagé, peut permettre de faire évoluer certaines décisions.
Pour autant, encore trop d’écoles doivent subir une fermeture, de part la dotation négative imposée.
Ces mesures de carte scolaire impactent évidemment l’organisation des écoles, des équipes, des personnels.
Dans ce contexte, nous actons la création de 6 PAS mais nous regrettons que ceux-ci se fassent sur des moyens carte scolaire et non sur des moyens dédiés.
Nous serons attentifs à ce qu’ils contribuent bien à répondre aux besoins criants des collègues, notamment dans le cadre de l’accueil d’élèves au comportement perturbateur. En effet, pour l’UNSA Éducation, l’objectif d’une école pleinement inclusive est partagé. Mais cette ambition ne pourra être atteinte sans investissement réel dans les personnels, la formation et les moyens de terrain.
Le projet de carte scolaire prévoit deux fusions d’écoles. Jusqu’à présent, ces évolutions s’inscrivaient dans une logique de concertation et recueillaient l’adhésion des conseils d’école concernés. Cette année, une rupture apparaît avec la proposition de fusion des écoles de Villemoustaussou, alors même que les deux conseils d’école ont exprimé leur opposition.
Sur ce sujet, comme tout ce qui concerne les conditions de travail, l’UNSA Éducation réaffirme que les équipes doivent être pleinement associées aux décisions qui les concernent.
Monsieur le Directeur académique, lorsque les conseils d’école disent non, il ne peut s’agir d’un avis parmi d’autres : ce refus doit être entendu et pris en considération. Ne pas engager cette fusion dans ce contexte serait un signe fort d’écoute et de respect envers les personnels, et contribuerait à renforcer la confiance.
Pour terminer, l’Unsa Education le redit ici : l’École ne peut pas être pensée à moyens réduits dans un contexte où les besoins évoluent, se complexifient, s’intensifient.
Monsieur le Directeur académique, nous avons conscience des contraintes qui pèsent sur vos décisions. Mais nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une situation où la réduction des marges de manœuvre impose des arbitrages permanents entre des priorités pourtant essentielles : baisse des effectifs, prise en charge de la difficulté scolaire, inclusion et amélioration des conditions de remplacement.
Monsieur le directeur académique, si des initiatives innovantes ne sont pas entreprises rapidement pour conserver d’utiles moyens d’enseignement, nous risquons de les voir disparaître d’année en année, de carte scolaire en carte scolaire.
L’Unsa Education attire votre attention sur deux points :
- D’abord, la direction d’école.
Les directeurs et directrices doivent pouvoir exercer pleinement leurs missions. Cela suppose un renforcement des moyens, notamment par la création de postes de directeurs adjoints déchargés, en particulier dans les écoles multisites, ainsi qu’une amélioration des décharges de direction. Chaque école doit disposer d’une direction réellement disponible pour piloter le projet pédagogique et accompagner les équipes.
- Ensuite, les élèves aux comportements très perturbateurs, dont les situations saturent la plateforme « fait d’établissement », le Registre Santé et sécurité au travail et bientôt les statistiques d’accident de service.
Il est nécessaire de sortir d’une logique uniquement administrative pour apporter de véritables réponses pédagogiques. Cela passe par un plan de formation ambitieux, incluant la gestion des classes multiniveaux, dont le nombre augmente avec la baisse des moyens. Il est essentiel de mieux outiller les équipes face à ces réalités de terrain.
Plus largement, nous demandons un renforcement des moyens humains dans les écoles : enseignants surnuméraires par école ou bassin d’école, assistants d’éducation en école, remplaçants et enseignants spécialisés. Ces mesures visent un objectif simple : améliorer les conditions d’exercice, la qualité du service public d’éducation et la réussite de tous les élèves.
Au-delà, l’Unsa éducation répondra présente dans un groupe de travail organisé pour aborder ces sujets.
L’UNSA Education continuera de porter son ambition pour l’École publique laïque: une Ecole qui donne réellement les moyens de réussir, à tous les élèves, sur l’ensemble du territoire et qui garantit aux personnels des conditions de travail à la hauteur des missions qui leur sont confiées