Les professeurs documentalistes bénéficient d’échanges réguliers grâce à la pratique des « réunions de bassin », mais comment sont-elles déclinées à l’échelle académique ? Les réponses que nous avons collectées, issues de 23 académies, nous permettent d’avoir une vision globale des modalités d’organisation, des contenus et des attentes des collègues à leur égard.

Quelle organisation ?

Les réunions de bassin sont le plus souvent convoquées par les coordonnateurs de bassin, plus rarement par les IPR ou encore par le référent de bassin des chefs d’établissement.
 
La plupart des collègues répondants bénéficient de ce type de réunion, mais 9 collègues issus notamment des académies de Montpellier, Clermont-Ferrand et Nancy-Metz indiquent que ces réunions n’existent pas dans leur académie. 
Le fait que des collègues issus d’un nombre conséquent d’académies ne puissent pas bénéficier de réunions de bassin interpelle.

> Nombre de demi-journées libérées

Deux tiers des répondants bénéficient de 2 à 4 demi-journées libérées par an, et un tiers de plus de 4 par an.

> Ordre de mission et remboursement

La plupart des académies délivrent des ordres de mission pour ces réunions (apparemment pas à Bordeaux, Lille, Créteil et Lyon). En revanche les frais de déplacement, la plupart du temps, ne sont pas remboursés.

> Lieu de réunion

Ces réunions ont lieu la plupart du temps dans un établissement du bassin et plus rarement dans un lieu extérieur, notamment à Canopé (une réponse sur 4).

Quels contenus abordés ?

Les contenus abordés sont pour la moitié des répondants à l’initiative des coordonateurs et pour l’autre moitié à celle des IPR et des formateurs.

La moitié du temps, d’après les réponses, les réunions de bassin s’inscrivent dans des activités spécifiques (salon du livre, visite d’une librairie…). Elles sont rarement incluses dans des journées académiques de formation et encore plus rarement couplées à des formations M@gistère.

Quels apports ?

Lorsque l’on demande aux collègues ce que ces réunions leur apportent, les réponses qui arrivent en tête sont :

  • modifier sa pratique pédagogique,
  • modifier la gestion du CDI,
  • réaliser un projet en commun,
  • modifier son implication dans l’établissement.

Découvrir des outils, modifier la vision du métier, découvrir d’autres CDI ou construire un réseau arrivent bien après.
 

Les réunions de bassin s’appuient souvent sur des outils de travail collaboratif, pour les 2/3 des répondants.

Et la coordination de bassin ?

La fonction de coordonateur de bassin est à peu près pourvue partout mais sa reconnaissance est très inégale.

Le fait de percevoir des IMP ou des heures supplémentaires pour assurer cette fonction reste rare. La moitié des coordonateurs sont satisfaits d’assurer cette fonction… et l’autre moitié ne l’est pas, dans les réponses qui nous sont parvenues.

Un bilan mitigé

Le fonctionnement des réunions de bassin fait débat. En effet, les réponses se partagent à peu près également entre ceux qui en sont tout à fait, plutôt, un peu ou pas du tout satisfaits.
Ce résultat mitigé interpelle encore une fois.
 
> Les propositions des collègues
 
Les collègues qui ont répondu aimeraient que des sujets tels que l’Éducation aux médias et à l’information ou encore la lecture et les ressources numériques soient plus souvent abordés. D’autres propositions sont formulées autour des partenariats culturels, des missions de profs docs, des projets Erasmus ou encore des heures d’enseignement.
 
La moitié des collègues ayant répondu n’attendent pas d’évolution particulière de ce dispositif, d’autres voudraient une fréquence de réunion plus régulière, une durée plus longue, des outils plus concrets, des apports universitaires, et certains dénoncent les thèmes « imposés ».

Pour le SE-Unsa, les réunions de bassin sont indispensables pour des professeurs documentalistes souvent isolés dans leur établissement. C’est un espace de partage, d’échange et de formation utile et enrichissant, qui mériterait d’être élargi à toutes les disciplines du second degré.

Nous demandons donc que les réunions de bassin soient inscrites à l’ensemble des plans académiques de formation et qu’elles répondent aux besoins des collègues.


Partager


Des suppressions de postes ont été opérées dans le second degré, dans l’Éducation nationale, depuis 2019, avec une augmentation des heures supplémentaires facilitée par un changement réglementaire qui permet d’en attribuer deux à chaque enseignant. 2600 postes étaient supprimés l’an dernier… alors qu’on avait 40 000 élèves de plus dans les collèges et dans les lycées !

Pour les enseignants, ces élèves plus sont une charge de travail supplémentaire, pour la correction, le suivi des élèves mais pas seulement. Des classes surchargées, cela induit des classes bruyantes où il est difficile de varier les modalités pédagogiques, avec des risques psycho-sociaux pour les enseignants qui parent au plus pressé et n’ont plus l’impression de bien faire leur métier, notamment pour aider les plus fragiles.

Ce que dit l’enquête du SE-Unsa C’est quoi être enseignant au collège en 2019 ?

À la question Parmi ces propositions, laquelle jugeriez-vous prioritaires pour réduire votre charge de travail ? 72 % des 700 collègues interrogés ont évoqué la réduction des effectifs par classe qui arrive en première position. 97 % des enseignants interrogés jugent que leur charge de travail s’est accrue dans les dernières années.
 
À la question Qu’est ce que vous aimez le moins satisfaisant dans votre travail ? arrive en tête avec 33 % des réponses la gestion du comportement des élèves qui pose problème dans des classes surchargées.
 

Ce que demande le SE-Unsa

Le SE-Unsa revendique une limitation des effectifs :

  • à 24 élèves par classe de la maternelle au lycée
  • à 20 élèves dans les territoires en difficulté
  • à 12 élèves en Segpa et en UPE2A
  • à 10 élèves en Ulis
  • un effort particulier sur les classes d’orientation
 
Cet effort financier et humain conséquent est nécessaire pour favoriser la réussite éducative de tous les élèves, et notamment des plus fragiles. La possibilité de bénéficier d’un nombre suffisant de personnels de vie scolaire, d’accompagnants de l’école inclusive et de psychologues de l’Éducation nationale est tout aussi nécessaire pour améliorer durablement le climat scolaire dans les établissements et réduire les inégalités.


Partager


Le SE-Unsa s’est vivement opposé au projet du ministère qui prévoyait de supprimer les 100 heures de MIN(*) de la formation Cappei ainsi que l’obligation d’être affecté sur un poste spécialisé support de formation pour partir en formation.

En juillet 2020, le ministère proposait à l’examen du comité technique ministériel plusieurs textes qui prévoyaient la suppression des 100 heures des stage MIN intégrées à la formation initiale de la certification Cappei, la suppression des MIN spécifiques dans la formation continue, la suppression de l’obligation d’être affecté sur un poste spécialisé support de formation pour partir en formation, et la surpression du MIN spécifiquement ouvert aux CPE.

Le SE-Unsa s’est opposé à ces projets, a demandé le report de l’examen des textes et a obtenu la tenue de groupes de travail. Au nombre de 4, le premier s’est déroulé jeudi 27 août 2020.

Des avancées au compte du SE-Unsa

  • Maintien des 100 heures de MIN dans la formation initiale qui garantit à tous les stagiaires Cappei, à l’issue de leur formation le droit à compléter leur parcours de formation en ayant la possibilité d’accéder prioritairement aux MIN ;
  • Maintien du MIN spécifiquement ouvert aux CPE dans le cadre de la formation continue ;
  • Maintien de l’affectation sur un poste spécialisé comme support de formation. Afin de ne pas pénaliser le départ en formation des enseignants du second degré qui effectuent leur service en Segpa, le SE-Unsa a également revendiqué que le poste occupé par ces collègues puisse être « labellisé » poste spécialisé support de formation. Cette proposition semble avoir été entendue par l’administration. C’est une reconnaissance de l’enseignement dispensé par les enseignants du second degré en Segpa.

L’action menée par le SE-Unsa a permis d’éviter ce qui aurait constitué une réelle dégradation de la certification du Cappei. La nécessité de garantir à tous un accès à une formation continue à la pratique de l’école inclusive ne doit pas faire oublier l’exigence d’une formation qui reconnaisse les spécificités de l’enseignement spécialisé.


Partager


Les premières conséquences de la loi pour « choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018 se font sentir. La libéralisation du marché de la formation professionnelle ne pouvait pas se passer sans heurts. Cette réforme de grande ampleur a pour ambition un développement massif de l’apprentissage. 

La situation est particulièrement critique en Alsace où les centres de formation d’apprentis (CFA) se mobilisent. Des actions de terrain sont organisées dans chaque CFA alsacien ce mardi 15 octobre et les personnels enseignants, administratifs et agents en grève manifesteront devant le rectorat à Strasbourg. Comment en est-on arrivé là ?

La libéralisation du marché de la formation professionnelle

La loi simplifie la structure juridique des établissements dispensant des formations en apprentissage, ouvrant ainsi la voie à un marché libéralisé.
À partir du 1er janvier 2020, plus besoin d’une autorisation administrative ou d’une convention avec la Région pour ouvrir un CFA.
Toute structure qui souhaite délivrer des formations par apprentissage doit disposer d’un numéro de déclaration d’activité de formation et mentionner dans l’objet de ses statuts cette nouvelle activité (à l’exclusion des CFA d’entreprise).
En se conformant au jeu de l’offre et de la demande, le CFA peut donc conclure une convention autorisant la dispense de tout ou partie des enseignements par des établissements d’enseignement, des organismes de formation ou encore des entreprises.
Dans le cas d’une convention conclue entre un CFA et un établissement d’enseignement, il peut être spécifiquement créé une Unité de formation par apprentissage (UFA) qui dispense une formation dont il garde la responsabilité pédagogique.
 

Les rapprochements CFA/GRETA : la pomme de discorde

Le Décret n° 2019-317 du 12 avril 2019 intègre l’apprentissage aux missions des GRETA.
Sur le terrain, les rectorats cherchent donc à rapprocher les deux structures (CFA et Greta) et tentent d’harmoniser les pratiques et les cadres d’exercice des personnels.
Ce qui pourrait sembler logique sur le papier est beaucoup plus compliqué en réalité. Puisqu’il s’agit essentiellement de rationaliser les coûts de formation, les grilles des formateurs sont fusionnées. Et c’est là que le bât blesse : les formateurs qui intervenaient sur la base de 648 h dans les CFA se voient proposer des grilles « GRETA » à 810 h par an sans aucune compensation salariale !
 

D’une académie à l’autre : le flou artistique

En l’absence de cadre précis, nous ne sommes pas étonnés de voir s’appliquer ces mesures de manière différente selon les académies. La plupart ont choisi le chemin du dialogue social et à l’instar de Nantes, ou d’autres, essaient même de limiter la casse pour les personnels. Certains rectorats font le choix du statu quo. S’ils sont louables, ces mécanismes (augmentation d’indice, application différée du texte) ne sont pas satisfaisants. Un tel fonctionnement décréterait in fine le règne de l’arbitraire.
Des académies comme Strasbourg se sont lancées tête baissée dans la stricte déclinaison du texte sans tenir compte de l’effet désastreux sur les personnels.
 

L’avis du SE-Unsa

Si le développement de l’apprentissage public commence à faire consensus, il ne peut se faire à n’importe quel prix. La loi ne peut entériner une telle libéralisation et doit garantir les droits des personnels en trouvant des mécanismes de régulation. Assouplir le dispositif de formation en apprentissage pour le rendre plus efficient, plus transparent et plus sécurisant pour les jeunes et pour les entreprises ne peut se faire au détriment des personnels. Ils mettent en œuvre l’exigeante pédagogie de l’alternance et sont les garants de la réussite des jeunes. 
Le SE-Unsa se tient aux côtés des collègues et exige un texte de cadrage précis pour éviter l’iniquité, c’est ce qui a motivé notre courrier au ministère (en pièce jointe ci-dessous)
Nous demandons une compensation pour les formateurs CFA sur lesquels repose l’essentiel de l’effort demandé. Une pondération de leurs heures serait une solution de bon sens et juste.
À l’heure où les réformes s’empilent et où les personnels sont sollicités de toute part, le ministère doit considérer ses agents s’il veut avoir une chance de les associer au projet. 
 

Partager


En mai 2019, le SE-Unsa a lancé une enquête sur les conditions d’exercice des enseignants des disciplines artistiques (arts plastiques, éducation musicale). Quels sont leurs besoins ? Leur ressenti sur leur métier ? 440 collègues issus de toutes les académies ont répondu.
Qu’est ce qui ressort de l’enquête ?

Les besoins des collègues

L’avis des enseignants interrogés est mitigé concernant l’équipement dont ils disposent (graphique 1). Les collègues indiquent que ce qui leur manque le plus pour mieux travailler (graphique 2), c’est en premier lieu des locaux adaptés (1ère réponse), ensuite un équipement spécialisé (instruments, outils), en troisième lieu un équipement informatique et numérique. Une réponse libre permettait aux collègues de donner des exemples de tout ce qui leur faisait défaut : matériaux basiques pour la peinture, entretien correct du matériel, espace de stockage ou de réserve, des moyens pour financer un lot de tablettes, l’accordage du piano, des tables adaptées, des appareils photos ou encore du matériel d’exposition.

Des conditions d’exercice parfois difficiles

Les enseignants d’arts plastiques et d’éducation musicale ont parfois des difficultés s’impliquer dans leur établissement, d’après les résultats de l’enquête. Affectation sur plusieurs établissements pour un tiers des collègues (graphique 3), manque de temps ou de sollicitation pour s’impliquer dans le parcours d’éducation artistique et culturelle pour la moitié des interrogés (graphique 4). En revanche, les enseignants interrogés sont plutôt satisfaits de leurs programmes disciplinaires : 22 % tout à fait, 40 % assez (graphique 5).

Quelles aspirations pour améliorer les conditions de travail ?

En premier lieu, les enseignants d’arts plastiques et d’éducation musicale ressentent un manque de reconnaissance : 17 % considèrent que leurs collègues ne les considèrent pas comme des membres à part entière de l’équipe pédagogique (graphique 6) 28 % ont le même sentiment de la part de leur hiérarchie (graphique 7), 46 % de la part des parents (graphique 8), et heureusement, seulement 14 % de la part des élèves (graphique 9).

Le premier sujet sur lequel il faut agir pour améliorer les conditions de travail des collègues ?
En premier vient l’horaire disciplinaire trop faible, juste derrière la difficulté liée à la spécificité du métier (bruit, gestion du matériel, travail de groupe…), puis le manque de reconnaissance pour la discipline et en dernier lieu seulement la difficulté de muter. Si le premier item relève de la définition des grilles horaires à l’échelle nationale, en revanche pour le deuxième item, les leviers d’action sont nombreux : en conseil pédagogique et en conseil d’administration pour obtenir des moyens, auprès des collectivités territoriales pour mieux aménager les lieux…
Le SE-Unsa a lancé l’an dernier une campagne sur les conditions de travail et propose des leviers pour agir.
 
En conclusion, l’enquête demandait aux répondants ce qu’ils attendaient du SE-Unsa. Les réponses ont été très nombreuses ! De nombreuses propositions se recoupent, notamment pour faire reconnaître la charge de travail, dans les enseignements artistiques, pour préparer la salle de cours, comme on peut le faire dans d’autres disciplines avec l’heure de vaisselle ou l’IMP coordination en technologie. Les enseignants ont aussi évoqué l’obtention de financements dans les établissements et la mise en œuvre du cadre réglementaire des chorales.
Le SE-Unsa réclame une augmentation des moyens pédagogiques, dans les établissements, notamment pour les disciplines nécessitant des équipements coûteux.

Partager


Depuis ce 10 mai, les Européens vivent à crédit d’un point de vue écologique. En effet, selon le rapport du Fond mondial pour la nature WWF et de l’ONG Global Footprint Network, l’Union Européenne a épuisé les ressources que la planète peut lui offrir chaque année.

2,8 planètes Terre pour subvenir aux besoins

La situation ne cesse de se dégrader en Europe. Mais tous les Européens ne sont pas égaux en matière d’exploitation des ressources. Selon un calcul théorique, le Luxembourg a basculé dans le déficit écologique à la mi-février, la France y sera le 15 mai et la Roumanie en juin.
Alors que l’Union Européenne regroupe 7 % de la population mondiale, elle absorbe 20 % de la biocapacité de la Terre. Si tout le monde vivait comme les Européens, il faudrait 2,8 planètes pour subvenir aux besoins de l’humanité. Chiffre au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe autour de 1,7 Terre.

Des solutions à mettre en œuvre dès maintenant

D’année en année, nous continuons de creuser le déficit en empruntant des ressources naturelles à la Terre, aux autres pays et aux générations futures. Il n’est pas trop tard mais il faut prendre des mesures à la hauteur des enjeux. Les dirigeants européens doivent appliquer des politiques pour réduire l’empreinte écologique et s’ouvrir au développement durable.
Par exemple, mettre en place des politiques communes pour préserver les ressources naturelles, conserver des écosystèmes naturels, mettre en œuvre l’accord de Paris pour maintenir la hausse de la température à 1,5 degré…

L’avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, les questions environnementales conditionnent notre avenir commun. Ce rapport est un nouveau signe d’alarme quelques jours après la publication d’un rapport préoccupant des Nations Unies sur la biodiversité mondiale.
Cette date est un signe fort pour les décideurs et les citoyens invités à voter pour leurs représentants au Parlement européen le 26 mai prochain.

L’Unsa est engagé dans cette urgence avec 66 propositions pour donner à chacun le pouvoir de vivre. Il est nécessaire et possible de faire autrement.


Partager


L’ISAE est passée à 1 200 € annuels à la rentrée 2016. L’action du SE-Unsa a porté ses fruits. D’autres sont prompts à s’approprier cet acquis quitte à réécrire l’histoire…Coup d’œil dans le rétro en quelques dates…

2011 : le SE-Unsa lance sa 1ère pétition pour obtenir la création de l’ISOE pour les PE (35 000 signatures sous forme de carte postale). Le SE-Unsa, dans sa campagne « Mon ISOE, je la veux » est alors bien seul…
 

Mai 2013 : le SE-Unsa signe le protocole d’accord pour l’entrée en négociation proposé par le ministère. Ce protocole est signé seulement par le SE-Unsa, le Sgen-CFDT et la FGAF.

Juin 2013 : création de l’ISAE (400 €, versés en deux fois)
 
Fin août 2015 : le SE-Unsa lance sa pétition en ligne pour une augmentation de l’ISAE (55 000 signatures)
 
Décembre 2015 : le SE-Unsa remet à l’Élysée les 55 000 signatures recueillies
 
Janvier 2016 : courrier de la ministre pour nous confirmer que la revalorisation de l’ISAE sera traitée prochainement
 
Mai 2016 : annonce par le Premier ministre d’un alignement du montant de l’ISAE à 1 200 € dès la rentrée 2016
 
Mai 2017 : extension du bénéfice de l’ISAE aux personnels exerçant en Segpa, Erea et Ulis suite au courrier et à la pétition du SE-Unsa

Partager


Les résultats de cette enquête de la Casden ont été publiés. Pour le SE-Unsa, partenaire de l’enquête, elle souligne la dégradation des conditions d’exercice des directeurs, la situation anxiogène dans laquelle beaucoup se trouvent et les nécessaires évolutions structurelles à envisager. Le SE-Unsa vous présente les principaux éléments de cette enquête.

Présentation de l’enquête

Cette enquête a été réalisée par la Casden, sur le champ de son accord cadre avec le ministère*. 7404 directeurs ont répondu. Ce panel est représentatif des directeurs d’école en terme de répartition :

  • homme / femme,
  • selon l’âge (-35 ans/35-50/50 et +),
  • de décharge d’enseignement octroyée,
  • maternelle / élémentaire,
  • éducation prioritaire / hors éducation prioritaire.

Missions

Une partie de l’enquête visait à classer les missions effectuées par le directeur entre celles relevant de sa fonction et celles n’en relevant pas ou moins.
Pour les directeurs, leurs missions prioritaires sont l’organisation pédagogique, les relations avec les parents et les réunions internes. À l’inverse, ce qu’ils considèrent comme relevant le moins de leurs missions sont la gestion des personnels, le règlements des conflits entre élèves et les réunions hors-école.
diagramme "Missions en accord avec le métier de directeur"

Prise de décision

camembert "Marges d'autonomie/initiatives" : satisfaction

Relations

L’enquête distingue plusieurs types de relations :

  • celles internes à l’école, où 9 directeurs sur 10 estiment que les élèves ont de la considération pour eux.
  • celles externes à l’école, où 41% estiment que les relations avec les collectivités territoriales se sont dégradées.
  • celles avec les parents, où 8 directeurs sur 10 se disent être respectés par les parents mais d’une manière générale 43% considèrent que les relations se sont dégradées.
  • celles avec les enseignants, où 8 directeurs sur 10 disent avoir le soutien des collègues en cas de difficulté mais 24% disent avoir subi une mise à l’écart d’au moins une partie du personnel de l’école.

Temps de travail

91 % des directeurs estiment leur temps de travail à 45h et plus (5 sur 10 considèrent que la hausse s’est accentuée sur les 4 dernières années).

diagramme "Estimation du temps de travail hebdomadaire"

Intérêt et reconnaissance

82 % trouvent du sens et de l’intérêt dans leur travail. À noter que dans ce champ que 8 sur 10 considèrent le travail en équipe satisfaisant.

camembert "Sens du travail réalisé"

Mais 6 sur 10 estiment ne pas être reconnus dans leur travail.

diagramme "Reconnaissance du travail réalisé"

Bilan

66 % déclarent un moral moyen ou mauvais.

camembert "Qualité"

60,33 % des répondants se plaignent de fatigue physique ; 38,32 % se plaignent de lassitude cognitive ; 16,52 % se plaignent d’épuisement émotionnel.

diagramme correspondant au texte précédent concernant la fatigue physique, lassitude cognitive et épuisement émotionnel

Quelles pistes d’évolution ressortant de l’enquête ?

Pour clarifier les responsabilités et les prises de décision, 84,11 % des répondants considèrent que la structuration administrative de l’école doit évoluer. 


« Pour clarifier les responsabilités et les prises de décision, faut-il que la structuration administrative de l’École évolue ? « 

OUINON
84,11 %15,89 %


Parmi les composantes de l’évolution nécessaire, les améliorations concernant les conditions d’exercice (décharge 19,13 %, moyens matériels 8,16 %, moyens en personnels 13,73 %, simplification 8,02 %) arrivent en tête et sont cités par 49,03 % des directeurs. Arrivent ensuite le statut du directeur cité à 40,90 % et le statut de l’école à 18,76 %. Il y a une forte corrélation entre ceux demandant un statut du directeur et ceux demandant un statut de l’école, l’un n’allant sans l’autre.

L'avis du SE-Unsa

Les résultats de cette enquête soulignent la dégradation des conditions d’exercice des directeurs et la situation anxiogène dans laquelle beaucoup se trouvent. Les directeurs restent motivés par leurs missions mais apparaissent surchargés. C’est un élément supplémentaire montrant l’urgence d’améliorer les conditions d’exercice mais aussi de construire une école avec un cadre juridique spécifique permettant aux personnels de réaliser l’ensemble des missions confiées. Suite à la demande du SE-Unsa à travers la Semaine de la direction d’école, le ministère a placé la situation des directeurs dans l’agenda social. Des discussions sont ainsi prévues en 2019 : pour le SE-Unsa, le ministère doit prendre en compte le ressenti des directeurs pour aboutir à des améliorations à la fois sur les conditions d’exercice mais aussi sur les évolutions du cadre juridique des écoles.


* Accord Cadre de la Casden avec le ministère de l’Éducation nationale dont un des objectifs prioritaires est d’apporter son concours aux personnels dans la pratique de leurs métiers et de les aider dans l’accomplissement de leurs mission.


Partager

Au commencement, les téléphones étaient interdits...

Depuis 2010 l’article L511-5 du Code de l’éducation interdisait en ces termes l’utilisation des téléphones mobiles par les élèves dans les écoles et les collèges :
« Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d’un téléphone mobile est interdite. »
 

Ce texte était issu de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement. Son intention était une mise en oeuvre du principe de précaution pour protéger les enfants d’une éventuelle exposition néfaste aux ondes. Depuis il y a eu consensus scientifique sur la question même si certains s’inquiètent toujours. Par ailleurs, un téléphone silencieux mais non éteint dans la poche ou au fond d’un cartable d’un élève émet autant d’ondes que s’il était posé sur sa table prêt à servir.

En 2010 les smartphones n’étaient pas encore massivement arrivés dans les collèges et cette interdiction d’utilisation « pendant les activités d’enseignement », rendant donc tout usage pédagogique hors la loi, ne gênait personne. Et puis, les ordiphones (les smartphones sont bien des mini-ordinateurs) se sont imposés et il est devenu difficile, voire contre-productif, de respecter cet article de loi à la lettre.

En effet comment interdire le fait qu’un élève puisse prendre en photo le tableau où figure le cours qu’il n’a pas fini de recopier, la possibilité de mettre un rappel pour penser à faire signer son autorisation pour la sortie culturelle ou la recherche d’une information sur Wikipedia ? Si cela est fait avec l’accord de l’enseignant et dans l’intérêt évident de l’élève, ce n’est pas raisonnable de l’interdire.
Si on prend le texte à la lettre, le règlement intérieur de l’établissement pouvait interdire -ou en creux autoriser donc – des lieux où l’usage des téléphones par les élèves était possible mais hors temps d’enseignement. Beaucoup de collèges ont néanmoins autorisé les usages pédagogiques et des cellules juridiques académiques, sachant le texte inadapté, ont validé sans souci ces RI pourtant contraires au texte du Code de l’éducation.
 

Et maintenant ?

Et bien les usages pédagogiques sont exclus de l’interdiction… et ça, ça change vraiment la donne !
 
Le nouveau texte qui a été voté le 30 juillet 2018 dans le cadre d’une procédure accélérée, est ainsi rédigé :

« Art. L. 511-5. – L’utilisation d’un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques par un élève est interdite dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges et pendant toute activité liée à l’enseignement qui se déroule à l’extérieur de leur enceinte, à l’exception des circonstances, notamment les usages pédagogiques, et des lieux dans lesquels le règlement intérieur l’autorise expressément. »

Il est donc clair ici que l’interdiction peut être levée par le règlement intérieur, tant pour les usages pédagogiques que pour les usages personnels. Et ça c’est nouveau et très appréciable !

On peut évidemment regretter que les usages pédagogiques ne soient pas autorisés par défaut, mais gageons que l’immense majorité des établissements opteront intelligemment pour un règlement intérieur permettant les usages pédagogiques, jugés pertinents par les enseignants, dans le respect de leur liberté pédagogique.

Osera-t-on un merci Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer pour cette évolution de bon sens bien qu’imparfaite ? On pourrait l’envisager si cette loi n’était pas vantée de façon démagogique comme étant enfin une vraie interdiction des téléphones à l’école et au collège !

Le SE-Unsa apprécie cette avancée mais restera vigilant afin que chaque enseignant puisse en toute liberté restreindre, proscrire ou autoriser l’usage des téléphones par les élèves suivant les modalités pédagogiques qu’il aura choisies pour répondre au plus près aux besoins de ses élèves.


Partager


Comment faire face aux humiliations et à l’incompréhension quand on est prof ou élève trans en France ? Certains s’appuient sur des soutiens parfois inattendus au sein de l’équipe pédagogique quand d’autres, face au « tabou », préfèrent ne rien révéler de leur vie d’avant.

Rien n’est prévu au niveau institutionnel dans l’Éducation Nationale qui préfère taire ce sujet plutôt que d’accompagner les personnels ou les élèves qui seraient concernés.

Du côté des personnels

Pour l’administration de l’Éducation nationale, « on n’est pas prévu », constate Maïwenn, 33 ans, professeure de SVT dans un lycée de banlieue parisienne. Certaine depuis sa petite enfance d’être une fille dans un corps de garçon, elle commence à 27 ans sa transition d’homme à femme avec prises d’hormones, pendant sa formation d’enseignante.
Maïwenn trouve difficilement son stage de fin d’études : « le rectorat m’a expliqué que je n’étais pas traitée différemment mais c’était « normal que cela pose des soucis » ».
Avant l’entrée dans la vie active, elle prend une année sabbatique pour se faire opérer et « gérer le changement d’état civil ». Elle n’a jamais parlé de sa première identité au sein de son établissement, à la direction ou ses collègues. « C’est un tabou, je sais d’expérience que ça n’amène que des ennuis ».
 

L’absence de consignes officielles

Fin mai, une professeure d’un collège de Seine-et-Marne a été victime de propos transphobes après la publication sur les réseaux sociaux d’un courrier de la principale de son établissement. Elle expliquait aux parents que leur enseignant souhaitait désormais être appelée « madame ». Partie d’une bonne intention, cette lettre destinée aux seuls parents a provoqué des insultes sur Twitter et Facebook.
 
« Il n’y a pas de consigne officielle » sur la conduite à tenir avec les élèves ou les profs qui changent de genre, relève le proviseur d’un lycée du sud de la France, dont un membre de l’équipe pédagogique vient d’achever sa transition. « Il y a eu quelques remarques de collègues au début, quelques ricanements de la part d’élèves, et puis ça s’est calmé ».
 

Du côté des élèves

Pour Marvin, né Marine, qui a adopté son nouveau prénom à 10 ans, « les ennuis ont commencé au collège ». À l’époque, la principale refuse de modifier son prénom et lui lâche un « au revoir mademoiselle » lors d’une visite dans sa classe.
Marvin parvient à échapper au vestiaire des filles lors des cours de sport grâce à un prof qui l’autorise à se changer dans son bureau ; la gardienne du collège le recueille dans sa loge et lui permet d’utiliser ses toilettes.
Avec les élèves, après des moqueries, « on a fini par se connaître et plus personne ne m’a posé de questions. Ils ont compris comment j’étais », raconte Marvin, aujourd’hui âgé de 17 ans.
 
Si les adolescents peuvent se montrer impitoyables face aux personnes qui dérogent à la norme, les spécialistes relèvent que les jeunes d’aujourd’hui sont toutefois bien plus ouverts que leurs aînés sur les questions LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres).
 
« Le groupe de pairs (les élèves) vont avoir une souplesse et une ouverture, à quelques exceptions près, alors que les enseignants pourront avoir plus de difficultés », note Jean Chambry, pédopsychiatre. « Le rapport à l’identité s’est modifié. Je suis surpris de voir avec quelle facilité les jeunes abordent facilement ces sujets, avec des représentations moins stéréotypées » et un vocabulaire approprié, inconnu de leurs aînés.
Une plus grande aisance liée peut-être, de manière paradoxale, à la polémique sur le mariage pour tous, qui a mis sur le devant de la scène des sujets restés longtemps sous le tapis, selon lui.
 
« La visibilité accrue crée une sorte de banalisation », renchérit Arnaud Alessandrin, sociologue spécialisé sur les thématiques LGBT, qui note que « les jeunes profs par exemple ont moins peur d’assumer leur transidentité ». Le chercheur souligne néanmoins que nombre d’élèves trans sont en décrochage scolaire et que des profs préfèrent quitter le métier.
 
Pour Maïwenn, « les choses progressent mais très lentement ». Elle regrette l’absence de la transidentité lors des débats sur les discriminations : « ça reste l’innommable ». Elle n’a cependant aucune envie de changer de métier car elle « aime enseigner ».
 

Le besoin de formation

Le besoin de formation sur ce sujet pour les enseignants est clair. Le problème est qu’il faudrait également former les formateurs.

De plus, Vigi-gender* continue à répandre ses idées nauséabondes concernant les études sur le genre, ils viennent d’envoyer un rapport au ministre de l’Éducation nationale pour dénoncer les documents proposés sur Eduscol, Canopé ou le site Matilda. Or les documents que l’on y trouve permettent non seulement de mieux être informé sur le sujet mais aussi de débattre entre équipe éducative ou avec les élèves, et enfin une prise en compte des personnes transgenres dont l’équilibre passera par la reconnaissance de leur existence.

Lien vers Matilda.

Lien vers Éduscol.
Lien vers un article de Télérama sur les personnes transgenres.

*Lien vers un article de La Croix.


Partager

Bonjour et bienvenue au SE-UNSA !

Veuillez saisir le code postal de votre lieu d'exercice afin que nous puissions personnaliser votre expérience.