Dans son rapport publié le 16 septembre, la Cour des comptes a examiné en détail la politique scolaire handicap. Pour elle, les résultats de la politique menée par le ministère de l’Éducation nationale ne sont pas à la hauteur de la dépense. Le SE-Unsa, qui a été auditionné, partage cet avis.

Un bilan contrasté

La Cour des comptes constate que l’Éducation nationale a largement accueilli les élèves en situation de handicap, mais que des améliorations sont encore nécessaires pour optimiser leur suivi et leur prise en charge. 
 
Le système d’inclusion scolaire français peut-il être jugé efficace et performant ? La Cour dresse un bilan contrasté soulignant la pertinence et la cohérence de la politique, mais aussi ses faiblesses dans la mise en œuvreIl reste d’importantes marges de progrès, affirme Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes.
 
Pour la Cour, le système scolaire s’est adapté pour répondre à l’objectif d’inclusion des élèves en situation de handicap et la réussite quantitative est indéniable. Le nombre d’élèves en situation de handicap a triplé de 2006 à 2022.
 
Cependant, la politique nationale d’inclusion scolaire ne répond pas de manière équitable aux besoins des élèves en matière d’efficacité et de couverture des besoins. La Cour émet aussi des réserves en ce qui concerne les résultats obtenus en matière de réussite scolaire, sociale et professionnelle. Autre critique, récurrente : le manque de coordination entre l’Éducation nationale et la MDPH, articulation pourtant impérative pour la mise en œuvre de la politique publique à l’échelle d’un territoire. Il faut développer les coopérations entre le milieu scolaire, le secteur médico-social et les acteurs libéraux en développant une culture commune de travail, un cadre juridique et les formations croisées.
 
De leur côté, les familles rencontrées ont unanimement qualifié la scolarisation de leurs enfants de « parcours du combattant », relève la juridiction financière.
 De nombreux élèves handicapés connaissent des parcours discontinus qui sont sources de sentiments de mal-être et d’incertitudes sur leur avenir.
 

Des données budgétaires insuffisantes

La Cour rappelle que toute politique publique nécessite des outils pour suivre les résultats et les coûts, d’autant plus que les dépenses liées à l’École inclusive ont connu une croissance soutenue. En parallèle de cette augmentation des dépenses, la Cour note que les lois concernant l’inclusion scolaire, telles que celles issues de la Conférence nationale du handicap (CNH) ou le transfert à l’État de la prise en charge financière des AESH pendant la pause méridienne, semblent ne pas avoir été accompagnées de prévisions budgétaires anticipées.
 
En plus de l’absence de préoccupation pour la maîtrise des financements, la Cour des comptes souligne également que les données budgétaires sont incomplètes car elles n’incluent pas l’ensemble des ressources financières. Il n’y a pas de prise en compte des coûts indirects de gestion, ni des contributions des collectivités territoriales, qu’elles soient obligatoires ou facultatives (aménagement des établissements, transport scolaire des ESH, équipements numériques…).
 

Des données statistiques insuffisantes et inadaptées

Les données financières ne sont pas les seules à être insuffisantes : la Cour des comptes déplore aussi que les statistiques sur les élèves et les intervenants éducatifs détenues par le ministère de l’Éducation nationale soient incomplètes et inadaptées.
 
Une autre limite relevée concerne le suivi statistique du ministère de l’Éducation nationale : il persiste un manque de visibilité à propos des personnes d’âge scolaire qui ne sont pas scolarisés.
 
Concernant le personnel, la Cour estime également que des améliorations sont nécessaires pour obtenir un décompte précis, le ministère n’ayant pas une vision consolidée à ce sujet.

Une politique d’inclusion scolaire difficile à juger

La Cour note un décalage entre la perception de l’inclusion scolaire et ses objectifs. Bien que l’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap ait modifié la perception du handicap dans les établissements, l’adhésion de la communauté éducative à cette politique, déterminante pour la réussite de l’inclusion, n’est pas régulièrement mesurée.
 
Elle souligne qu’il reste des défis à relever pour sensibiliser et former les acteurs à l’inclusion scolaire, afin d’améliorer l’efficacité de cette politique. La Cour voit dans les projets d’écoles et d’établissements des leviers potentiellement efficaces pour renforcer l’adhésion de la communauté scolaire aux valeurs et objectifs de l’École inclusive. 
 
En conclusion, la Cour estime qu’il est difficile de se prononcer sur les performances du modèle français d’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap.

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa porte le projet d’une École pour tous et toutes, et partage certaines constatations du rapport ; il alerte depuis longtemps sur les difficultés multiples posées par l’École pour tous
 
Pour le SE-Unsa, il faut repenser rapidement les contenus, démarches et évaluations afin de permettre les apprentissages de tous. Il ne peut y avoir une réponse uniforme ni une multiplication des dispositifs pour des publics ciblés.
Les écoles et établissements scolaires ne peuvent pas répondre seuls à l’ensemble des problématiques de l’École pour tous.
L’État doit garantir le droit à compensation et mettre en œuvre rapidement les décisions de la commission des droits et de l’autonomie des personnes en situation de handicap (CDAPH), et doit garantir l’équité de traitement sur l’ensemble du territoire. 
 
Le SE-Unsa exige des personnels, enseignants spécialisés, en nombre suffisant pour apporter des réponses rapides et de qualité.
 
Le SE-Unsa revendique l’augmentation des capacités d’accueil en interne dans les structures spécialisées d’accueil adaptées aux handicaps des élèves ainsi que dans les dispositifs spécialisés intégrés dans les écoles et établissements scolaires.

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Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse (MENJ) a acté le lundi 16 septembre l’abandon du projet de réforme du DNB pour la session 2025. Une décision qui fait sens au regard du calendrier et de l’instabilité politique actuelle, mais qui ne doit pas masquer les faiblesses d’un projet inabouti.

Nouveau DNB : nouvel échec du Choc des savoirs

Le Choc des savoirs aura surtout été un choc de communication. L’ensemble des mesures chères à l’ex-Premier ministre et ex-ministre de l’Éducation Gabriel Attal, et dont la mise en œuvre aura été confiée à la ministre démissionnaire Nicole Belloubet, n’ont eu de cesse de s’affaiblir à l’approche de la rentrée 2024, jusqu’à disparaître pour certaines d’entre elles.
 
Les groupes de niveau, devenus groupes de besoin, qui étaient la mesure phare de ce dispositif, se sont noyés dans un océan de négociations, en butte à une forte opposition de l’ensemble de la communauté éducative. Avec presque autant de mises en œuvre différentes que le territoire français compte de collèges, lorsque mise en œuvre il y a, cette mesure, à laquelle le SE-Unsa a toujours été opposé, a perdu toute consistance.
 
Le projet de réforme du DNB, diplôme de fin d’études du collège, dont le ministère souhaitait rendre l’obtention obligatoire pour le passage au lycée, s’est brisé sur l’écueil de l’instabilité politique. La ministre démissionnaire assurait pourtant, dans ses propos de rentrée, que les textes étaient prêts et que leur application pour la session 2025 n’était qu’une question de temps. Mais il était inenvisageable de modifier les règles d’un examen après la rentrée.
 

Nouveau DNB : le diplôme du tri social et de la fin du socle commun

Si l’abandon de cette mesure pour 2025 est une bonne nouvelle, il est à craindre que le prochain ministère de l’Éducation nationale s’en empare pour l’année suivante. Outre le caractère obligatoire du brevet pour accéder au lycée, qui est en contradiction avec l’esprit de cet examen qui n’a jamais eu vocation à sélectionner les élèves, ce projet a pour objectif d’enterrer le socle commun de connaissances et de compétences en basant le calcul de la part de contrôle continu sur la moyenne des moyennes de toutes les disciplines. 
 
Les contempteurs du socle commun s’en réjouiront sans doute, mais dans la mesure où la part de contrôle continu ne pèserait plus que 40 % dans la note finale, contre 60 % pour les épreuves terminales, il n’est pas certain que la reconnaissance de toutes les disciplines pour le DNB soit acquise. Par ailleurs, rappelons que les compétences du socle sont pour la plupart transversales et travaillées dans toutes les disciplines. La disparition envisagée du socle commun est donc prétexte à une mesure de tri des élèves qui est l’assise du mal nommé Choc des savoirs.
 
Avec la mise au placard de cette mesure délétère, il y a fort à parier que l’existence des classes de prépa-seconde, purgatoire séparatiste des élèves ayant échoué au DNB et expérimentées cette année, soit de courte durée.
 

L'avis du SE-Unsa

Le ministère, en gelant la réforme du DNB pour la session 2025, a pris la bonne décision. Mais ne nous leurrons pas : c’est bien la confrontation des calendriers scolaire et politique qui en est la raison. Nous ne pouvons nous satisfaire de cette mise en pause de la réforme, qui risque, en fonction de la composition du futur gouvernement, de refaire surface l’année prochaine. 
 
Le SE-Unsa demande l’abandon ferme et définitif de cette mesure qui ne ferait qu’affaiblir davantage le collège, dont la vocation n’est pas de devenir un « petit lycée ». Si une évolution du DNB doit avoir lieu, elle ne devra faire fi ni d’un travail de concertation approfondi avec les enseignants, ni du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

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Les certifications complémentaires permettent à des enseignants stagiaires et titulaires (fonctionnaires ou contractuels en CDI) des 1er et 2d degrés de valider des compétences dans certains secteurs disciplinaires qui peuvent aller au-delà du champ de leur concours. Les inscriptions se font dès la rentrée scolaire selon un calendrier local.

Les secteurs disciplinaires

Il existe cinq secteurs disciplinaires qui peuvent comprendre des options :
 
  • Arts : options cinéma et audiovisuel, danse, arts du cirque, histoire des arts ou théâtre ;
  • Enseignement en langue étrangère dans une discipline non linguistique ;
  • Français seconde langue ;
  • Enseignement en langue des signes française ;
  • Langues et cultures de l’Antiquité : option latin ou grec.
 

L’épreuve

L’examen a lieu en deux temps :
 
> Un écrit. Le candidat remet un dossier de cinq pages comportant :
 
  • un curriculum vitæ détaillé précisant les titres et diplômes obtenus en France ou à l’étranger ;
  • les expériences d’enseignement, d’ateliers, de stages, d’échanges, de séjours professionnels à l’étranger, de sessions de formation, de projets partenariaux qu’il a pu initier ou auxquels il a pu participer, pouvant comprendre un développement commenté de celle de ces expériences qui lui paraît la plus significative ;
  • tout autre élément tangible marquant l’implication du candidat dans le secteur choisi, tels que travaux de recherche, publications effectuées à titre personnel ou professionnel, etc.
 
> Un oral. Il s’agit d’un entretien qui a lieu quelques semaines après la remise du dossier. Son but :
 
  • apprécier les connaissances du candidat concernant les contenus d’enseignement, les programmes et les principes essentiels en matière d’organisation du secteur disciplinaire et, le cas échéant, de l’option correspondant à la certification complémentaire choisie ;
  • estimer ses capacités de conception et d’implication dans la mise en œuvre, au sein d’un établissement scolaire d’enseignements ou d’activités en rapport avec ce secteur.

Le jury dispose du dossier envoyé préalablement par le candidat lors de l’oral et a toute latitude pour y faire référence.

Le résultat

Suite à cette deuxième épreuve, le candidat obtient une seule et unique note. Les candidats ayant obtenu une note supérieure à 10 sont déclarés admis et peuvent se voir ensuite, s’ils le désirent, prioriser sur des postes requérant donc des compétences particulières, compétences pour lesquelles ils ont donc reçu la certification.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter votre équipe locale du SE-Unsa.


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L’indemnité nommée Grenelle sur les fiches de paie a fait sa première apparition en 2021, a été revalorisée en 2022 et de nouveau en septembre 2023.

Le Grenelle de l’Éducation avait mis en avant la nécessité de revaloriser financièrement les enseignants, CPE et PsyEN fonctionnaires comme contractuels. Une prime avait ainsi été créée en 2021 puis revalorisée en 2022 et 2023.

Qui est concerné ?

La prime d’attractivité concerne les enseignants, CPE et PsyEN contractuels en activité.
Une question sur votre situation ? Un doute sur votre éligibilité ? Contactez votre équipe locale du SE-Unsa.
 

Création de la prime d’attractivité Grenelle 2021

Depuis sa mise en place, la prime d’attractivité, varie en fonction de l’indice de rémunération. En 2021, les collègues ayant un indice majoré supérieur à 498 n’étaient pas éligibles. Les montants variaient entre 400 € et 800 € brut annuels selon l’indice détenu. 

1re augmentation en février 2022

Pour cette deuxième étape, le ministère avait entendu notre revendication de ne pas limiter cette prime aux indices majorés inférieurs à 498 pour que tous les contractuels puissent en bénéficier.

Le montant de la prime Grenelle 2 prévoyait une augmentation de 400 € brut annuels pour tous les contractuels enseignants-CPE-PsyEN.

Revalorisation de la prime en septembre 2023

La prime d’attractivité a été à nouveau revalorisée pour tous les contractuels à la rentrée 2023, mais cette fois à hauteur de 300 € brut annuels.

Fusion des 2 dernières tranches en septembre 2024

Les premières tranches ont fusionné en 2024 pour un montant de 1500 € brut annuels.
 
La prime est versée mensuellement à terme échu en fonction de votre quotité de service. Elle est versée au prorata du temps de travail et/ou de la durée du(des) contrat(s). Pour connaître le montant auquel vous avez droit pour un temps plein, il suffit de regarder l’indice majoré se trouvant sur votre fiche de paye.
 
Depuis le 1er septembre 2024, les montant qui apparaissent sur les fiches de paie sont les suivants :
 
Indice majoré

Montant annuel brut
pour un temps complet

≤ 3681 500 €
de 369 à 3881 400 €
3891 350 €
de 390 à 4101 300 €
4111 250 €
de 412 à 4311 200 €
4321 150 €
de 433 à 4981 100 €
4991 050 €
5001 000 €
501950 €
502900 €
503850 €
504800 €
505750 €
≥ 506700 €

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, ces primes représentent une amélioration, mais la revalorisation doit se poursuivre dans les années à venir. En effet, il faut rattraper durablement les pertes de pouvoir d’achat observées depuis plusieurs années et rendre attractif le métier.
Les dernières étapes de la prime Grenelle sont un premier pas vers ce que doit être une politique ambitieuse d’attractivité de la Fonction publique.


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L’intelligence artificielle (IA) s’est imposée rapidement dans tous les secteurs de la société, y compris celui de l’éducation. Désormais incontournable, il est illusoire d’essayer de la bannir ou de l’ignorer. L’objectif est plutôt de l’encadrer et de l’intégrer intelligemment dans les systèmes éducatifs pour maximiser son potentiel tout en évitant ses dérives.

De forts potentiels

L’IA offre également des opportunités significatives pour l’éducation. Par exemple, elle peut être utilisée pour personnaliser des exercices comme des dictées adaptées au niveau des élèves ou pour aider les élèves en situation de handicap avec des outils de transcription instantanée ou de description de l’environnement pour les déficients visuels. De plus, l’IA permet de créer facilement des séries d’exercices répétitifs en variant les paramètres, libérant ainsi du temps pour les enseignants afin de se concentrer sur des tâches plus complexes et créatives. Elle peut également faciliter la différenciation pédagogique. 
 
En outre, l’IA peut jouer un rôle crucial dans l’éducation aux médias en aidant les élèves à analyser des informations et à identifier des deepfakes, améliorant ainsi leur capacité à évaluer la véracité des sources. Elle permet également d’ouvrir de nouvelles perspectives pédagogiques, notamment en offrant des supports jusqu’alors inexplorés.
 

Des défis à relever

L’IA, bien qu’en rapide expansion, est encore une technologie immature dans le domaine de l’éducation. Les générateurs de texte, comme ChatGPT, sont prometteurs mais souffrent encore de nombreuses limitations. L’adaptive learning, considéré comme l’une des grandes promesses de l’IA en matière d’éducation, est encore loin d’être pleinement exploitable. Si certains outils d’apprentissage linguistique basés sur l’IA offrent déjà des avantages, d’autres, comme Jules du Cned ou MIA seconde, ne répondent pas encore aux attentes. 
 
L’intégration de l’IA dans les établissements scolaires français est encore à ses débuts. De nombreux problèmes matériels, comme le manque d’ordinateurs ou de connexions internet, freinent cette intégration. Par ailleurs, aucun budget spécifique n’a été alloué à l’achat ou à l’utilisation d’IA, limitant ainsi l’usage à des outils gratuits qui peuvent avoir des potentiels inexploitables.
 
La formation continue des enseignants sur ces nouvelles technologies est également lacunaire. Les enseignants doivent souvent se former par eux-mêmes, sur leur temps personnel. Des efforts doivent être faits pour intégrer la formation à l’IA dans les parcours de formation initiale et continue. En effet, une meilleure compréhension de cette technologie permettrait d’anticiper ses enjeux éthiques et ses limites, notamment en matière de biais ou de dérives.
 

L'avis du SE-Unsa

L’intégration de l’intelligence artificielle dans l’éducation présente un potentiel immense, mais elle doit être abordée avec prudence. Si elle peut libérer les enseignants de tâches répétitives et offrir des opportunités pédagogiques innovantes, elle comporte également des risques importants liés aux biais, à la protection des données et à la perte d’interactions humaines.
 
Une approche équilibrée et raisonnée est donc essentielle, avec un encadrement strict, des formations adaptées et un développement progressif des technologies en fonction des besoins réels des établissements et des élèves. L’objectif ultime est d’utiliser l’IA comme un outil d’aide à l’éducation, tout en maintenant l’humain au centre de l’apprentissage.

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En élémentaire, les livrets de passation des évaluations concernent tous les niveaux pour cette rentrée. L’impréparation ministérielle oblige, dans de nombreux territoires, les directeurs et directrices ou les CPC à jouer les livreurs, le SE-Unsa dit non !

Cette année, tous les élèves du CP au CM2 sont concernés par la passation de ces évaluations qui s’étaleront sur deux semaines, du 9 au 20 septembre. Ce protocole mis en place sous l’ère Blanquer sans réelle concertation avec le terrain mériterait d’être largement repensé tant ses priorités sont éloignées de l’intérêt des élèves.
 
Si évaluer les élèves a toujours été essentiel pour le SE-Unsa, seules des évaluations adaptées aux besoins diagnostiques des enseignants et à une fréquence raisonnable peuvent représenter un outil au service de la réussite des élèves.
 
Par ailleurs, la lourdeur logistique d’organiser de telles évaluations pour toute une école en deux semaines est un facteur de désorganisation important de l’enseignement et des apprentissages. Elle démontre, à nouveau, la déconsidération institutionnelle de la réalité des écoles et des équipes.
 
Il est demandé aux personnels du 1er degré d’aller chercher les livrets ici ou là pour les ramener dans les écoles, et donc d’utiliser leur véhicule personnel et d’outrepasser leurs missions. Le SE-Unsa demande donc à ces personnels de ne « jouer » ni les facteurs, ni les livreurs.
 

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, les équipes ne doivent utiliser ces évaluations que sur la base du volontariat, de façon partielle ou non et lorsqu’elles parviennent à en tirer un intérêt pour leurs élèves. 

Par ailleurs, le SE-Unsa demande à la ministre une compensation de 6h d’APC pour tous les collègues faisant passer les évaluations nationales.

>> Lire notre courrier à la ministre


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La rémunération des personnels accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) intervenant auprès de ces élèves pendant la pause méridienne est désormais transférée à l’État (loi du 28 mai 2024). Outre le bénéfice évident pour les élèves concernés, cette loi présente également une réelle avancée pour les AESH volontaires qui pourront ainsi compléter leur service. Le SE-Unsa veillera cependant à ce que cela n’engendre pas une dégradation de leurs conditions de travail.

Impact sur les contrats

Lorsque la quotité de temps de travail d’un AESH évolue (en raison d’un accompagnement sur le temps méridien par exemple) ou lorsqu’on lui propose une affectation dans un autre Pial, un avenant à son contrat de travail doit lui être adressé : envoi en recommandé avec avis de réception ou par lettre remise en main propre. Si l’avenant n’est pas retourné signé sous 1 mois, il est considéré que l’agent a refusé la modification de son contrat et cela vaut démission. 
 
Le SE-Unsa avait insisté sur le fait que cette loi ne devait pas impacter les AESH qui ne seraient pas volontaires pour augmenter leur temps de travail. Le SE-Unsa a été entendu puisque la note de service indique qu’il importe de vérifier préalablement à cette proposition que l’agent concerné est favorable à cette évolution
 
 Pour le SE-Unsa, la chronologie doit être la suivante :
 
  1. Recensement des AESH volontaires pour travailler pendant la pause méridienne d’une part et recensement des besoins en matière d’accompagnement d’élèves sur la pause méridienne auprès des établissements d’autre part.
    ​​
  2. Proposition d’avenant aux AESH volontaires et concernés par un besoin sur leur lieu de travail. La note de service précise qu’une priorité pourra être donnée, lorsque cela est possible, aux AESH liés actuellement par un contrat de travail avec une collectivité territoriale pour assurer un accompagnement sur la pause méridienne

Le SE-Unsa sera vigilant à ce que les AESH volontaires ne soient pas sollicités pour des tâches de surveillance collective du temps de repas.

Impact sur le temps de travail

Le temps de travail supplémentaire consacré à l’accompagnement des élèves en situation de handicap pendant la pause méridienne devra être entièrement intégré à la durée du service d’accompagnement hebdomadaire utilisée pour calculer la durée annuelle du service (sans dépasser le temps de travail annuel maximal de 1 607 h).
 
Une pause de 20 minutes au minimum devra être prévue après six heures consécutives de travail. (article 3 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000) 
 
 

L’avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa se questionne sur les moyens humains à mettre en œuvre. En effet, 20 000 à 25 000 enfants seraient susceptibles d’être accompagnés selon le ministère, or l’annonce du recrutement de 3 000 AESH pour l’année scolaire 2024-2025 (temps scolaire et pause méridienne) risque de ne pas suffire au vu des besoins à pourvoir d’une part et de ceux non pourvus cette année scolaire d’autre part.
 
Pour le SE-Unsa, il est primordial que les avenants soient uniquement adressés aux AESH qui se seront portés volontaires au préalable afin d’éviter toute pression quant à un éventuel refus qui vaudrait démission. Les avenants pouvant porter sur une courte durée ou sur l’année, il conviendra que les AESH concernés en soient informés en amont.
 
Le SE-Unsa s’inquiète : si des besoins se font connaître sur un établissement et qu’aucun AESH n’y est volontaire pour accompagner le/les élèves lors du temps méridien, cela entrainera sans doute des réaffectations d’AESH en cours d’année pour répondre à ce besoin. 
Au vu des changements d’emplois du temps que les AESH peuvent subir chaque année entre le 1er septembre et les vacances d’automne – changements qui laissent penser aux AESH qu’ils sont « des pions interchangeables » – notre inquiétude semble légitime. 
 
La rémunération par l’État des AESH pour un accompagnement lors de la pause méridienne doit être une possibilité pour eux d’augmenter leur temps de service et ainsi leur rémunération, mais cette mesure ne doit en aucun cas causer une dégradation de leurs conditions de travail.

 
>> Lire la note de service publiée le 24 juillet 2024 et ses précisions quant à sa mise en œuvre. 

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Le dossier comprenant les éléments phares des résultats à l’enquête a été présenté lors d’une conférence de presse le 25 juin 2024.

L’enquête du SE-Unsa, Laïcité : tous formés, tous égaux ? menée du 15 février au 20 mars 2024 a recueilli près de 4 800 réponses de personnels, qu’ils soient titulaires, stagiaires ou contractuels, exerçant en classe ou en vie scolaire.
Tous ont pu dresser un bilan de leur formation initiale mais aussi continue en matière de laïcité et exprimer leurs besoins au regard de la réalité de leur métier.
 
Retrouvez ci-dessous le dossier comprenant les éléments phares des résultats à l’enquête ainsi que la vidéo de présentation à la presse :
 

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Titulaires, contractuels ou stagiaires, le SE-Unsa a choisi en mars dernier de vous donner la parole afin de connaître vos besoins en matière de formation à la laïcité. Près de 5 000 d’entre vous nous permettent donc à ce jour de faire un bilan de la mise en place de la réforme de la formation initiale de 2021. 

Au premier regard, les chiffres sont si édifiants que la réponse à notre question Tous formés, tous égaux ? s’impose. Vous êtes 51 % à nous dire ne pas avoir reçu de formation à la laïcité, qu’elle soit initiale ou autre. Alors tous formés ? Non !
 
Tous égaux ? Non plus. Il existe de grandes disparités sur le territoire mais aussi selon les métiers, sur un sujet qui concerne pourtant tous les personnels. Par ailleurs, des réponses aux questions sur la qualité de la formation sont aussi à regarder. 
 

Des disparités entre les métiers

Même si les réponses des enseignants, CPE et PsyEN stagiaires et néo-titulaires montrent que la formation à la laïcité et aux valeurs de la République a bien été mise en place dans les Inspé (69 % des répondants indiquent en avoir eu une), près d’un tiers n’en ont pas bénéficié. 
 
Pour les contractuels, les résultats sont plus sévères. 56 % indiquent n’avoir jamais reçu de formation. Ils sont également les plus critiques dans le cas où ils en ont eu une, cette dernière n’ayant pas répondu à leurs attentes ni à leur métier. Ils ne sollicitent donc pas forcément une autre formation sur le sujet. 77 % des répondants contractuels n’ayant pas bénéficié de formation initiale s’inscriraient volontiers à une formation si on le leur proposait, contre par exemple 90 à 95 % des stagiaires n’en ayant pas eu.
 
Si les titulaires « expérimentés » (plus de 3 ans d’expérience) n’ayant pas bénéficié de la réforme de la formation initiale ont pu avoir des formations au cours de leur carrière, 75 % d’entre eux déclarent ne pas en avoir reçu au cours de leur formation en École normale, IUFM ou Espé.

Des disparités de contenus

Nous vous avons aussi interrogé sur votre assurance à définir le principe de laïcité, différencier les applications selon les lieux et personnes dans le milieu scolaire mais aussi sur la capacité à le transmettre aux élèves.
 
Sur l’ensemble, il ressort que la connaissance du principe de laïcité est acquise à hauteur de 82 %. Pour les différences d’application selon les lieux et personnes, cette assurance descend à 71 %. Enfin, pour la transmission du principe de laïcité aux élèves, mission donnée par la Nation à l’École, les chiffres tombent à 54 % de sentiment de capacité. 

Des disparités territoriales

La formation des contractuels dépend des DSDEN ou des rectorats et aucun référentiel n’existe pour déterminer son contenu. Des travaux devaient débuter au ministère concernant leur cadre de gestion. Pour les Inspé, ils dépendent des universités et l’Éducation nationale ne peut avoir un regard évaluatif sur la formation de ses futurs agents titulaires. C’est par ailleurs une difficulté mise en exergue par Jean-Pierre Obin dans son rapport de 2021 sur la formation des personnels à la laïcité, en amont de la réforme mise en place. 

L’avis du SE-Unsa

Alors que vous êtes près de la moitié à déclarer avoir déjà vécu des difficultés liées au principe de laïcité au cours de votre carrière (allant de 24 % chez les stagiaires à 52 % pour les personnels en éducation prioritaire), vous êtes en demande d’évolution de la formation, en matière de contenus (davantage d’études de situations concrètes), de modalités (en présentiel) ou avez des interrogations plus larges (place d’une information aux parents, formation des formateurs, mise à disposition d’outils variés).
 
Parce qu’au SE-Unsa, ce sont vos besoins que nous portons auprès du ministère, des rectorats et des DSDEN, nous porterons cette demande d’évolution d’une formation plus concrète, plus ancrée dans la réalité du quotidien, plus pédagogique aussi.

>> Pour les adhérents du SE-Unsa : possibilité de télécharger le livret Exercer en toute laïcité édité par le SE-Unsa, disponible dans la rubrique Outils puis Ressources.


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Lors du dernier Comité interministériel du handicap (CIH) du 16 mai 2024, des annonces ont été faites sur un plan métier très nébuleux pour les AESH. Dans le même temps, la mise en place des pôles d’appui à la scolarité (PAS) prévoit l’arrivée d’éducateurs spécialisés. Les deux informations commencent à se rejoindre !

Dans les PAS : un enseignant spécialisé et un éducateur spécialisé

La préfiguration des PAS débutera dans 4 départements à la rentrée 2024 (Aisne, Côte-d’Or, Eure et Loire, Var). Le cahier des charges obtenu par la commission éducation scolarité du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) présente les PAS comme étant dotés d’un binôme enseignant spécialisé-éducateur spécialisé, donc un binôme Éducation nationale-ministère de la Santé.

Vers un plan métier AESH

Le CIH annonce un plan d’action métier sur les parcours professionnels des AESH. L’idée est de valoriser les acquis de l’expérience (VAE) des AESH pour aller vers le métier d’éducateur spécialisé à l’Éducation nationale. Depuis cette annonce, le SE-Unsa se demande ce qu’est ce métier : un nouveau métier à l’Éducation nationale avec la création d’un nouveau corps ou un métier classique d’éducateur spécialisé dépendant du ministère de la Santé ? Aujourd’hui, le SE-Unsa sait que le ministère réfléchit à l’opportunité de créer ce métier, comme un nouveau corps à l’Éducation nationale. 

Pour le moment rien n’est acté, rien n’est décidé, il s’agit simplement d’une piste de réflexion.

L'avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa reste extrêmement prudent face à cette information très surprenante et qui, dans le contexte politique actuel, pourrait rapidement être abandonnée. Cette possibilité pose beaucoup de questions sur la faisabilité d’accéder à ce métier via une VAE et sur l’opportunité d’avoir un nouveau corps à l’Éducation nationale, au-delà de la nécessité d’avoir cette ressource professionnelle auprès des enseignants au quotidien dans les écoles et les établissements.


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