La proposition de loi (PPL) visant à protéger les enfants et lutter contre les violences en milieu scolaire vient d’être votée à l’Assemblée nationale. Rédigée à la suite des travaux de la commission d’enquête dite « Betharram », cette PPL témoigne enfin d’avancées concrètes ! Du chemin reste encore à parcourir, nous y contribuerons !

Les avancées concrètes

    • Une demande systématique du contrôle de l’honorabilité de tous les adultes qui interviendront en proximité des élèves (y compris les parents, bénévoles et maîtres de stage) et dans le périscolaire ;
    • une formation initiale à la prévention et détection des violences ainsi qu’à la rédaction d’informations préoccupantes ;
    • la création d’un dispositif au sein des établissements permettant de recueillir les propos de victimes (la forme serait à définir) ;
    • un rappel de l’obligation des séances d’Évar·s pour tous les établissements publics et privés ;
    • la création d’un fichier des personnes interdites d’exercer en proximité des mineurs suite à sanction, révocation ou risques avérés ;
    • un contrôle renforcé des établissements privés avec une échelle de sanctions ;
    • la possibilité de fermer sans attendre un établissement privé dès lors que le contrôle laisse à voir un danger grave pour les élèves.

Pour compléter, un rapport devra être rendu par le ministère au sujet des associations intervenant dans les établissements dans le domaine de la lutte contre les violences commises sur les enfants.

Des regrets et une alerte

Ces avancées ont été rendues possibles grâce à notre veille au quotidien et notre travail syndical permettant d’alerter sur les angles morts (avec l’exemple de l’école Excellence ruralités en Charente*) et ainsi proposer des amendements au texte en commission puis en séance publique.

Néanmoins, nous avons quelques inquiétudes portant sur la mise en œuvre de la mesure phare concernant les certificats d’honorabilité. Les décrets d’application qui suivront devront permettre que cette vérification administrative ne soit pas une tâche complexe et chronophage supplémentaire. Il ne faudra pas non plus que les relations entre les familles et les équipes pédagogiques en soient affectées.

Nous avons aussi des regrets sur la création d’un conseil académique de l’enseignement privé. Cette instance légitime encore un peu plus le système parallèle du privé, créé depuis plus de 70 ans par le système catholique alors même que la loi Debré (qui a créé les contrats du privé) prévoit uniquement un dialogue État-établissement.

Enfin, il faut souligner que des députés ont contesté la responsabilité des établissements catholiques en remettant en cause les mesures les concernant ainsi que le principe de laïcité lui-même, allant jusqu’à affirmer que la liberté de conscience est supérieure à la loi.

En bref, pour nous au SE-Unsa

Ce texte a fait consensus avec un vote à l’unanimité car il vise un objectif partagé : protéger les enfants. Le texte doit désormais passer au Sénat pour une validation avant l’été, afin que la loi soit effective à la rentrée prochaine.

Nous suivrons avec attention les évolutions de ce texte, en continuant de porter l’École publique et laïque, convaincus qu’elle doit être prioritairement soutenue face à l’enseignement privé. Elle doit cesser de pâtir de l’investissement financier alloué au privé alors même qu’il y existe des dysfonctionnements structurels, pédagogiques et moraux.

L’École doit demeurer le lieu où se forge la liberté de conscience, dans le respect de la loi – civile, faut-il encore le préciser – et des principes républicains.


Partager

Après lecture de la circulaire de rentrée 2026, le SE-Unsa lance un avis de recherche concernant l’École inclusive. Une seule allusion lui est consacrée, comme si elle était devenue un sujet que l’on préfère dissimuler plutôt qu’affronter.

Un vague allusion à l’École inclusive…

Il faut attendre la deuxième partie de la circulaire, après avoir rappelé que l’École tourne autour du français et des maths (Circulaire de rentrée 2026-2027 : des priorités affichées, des moyens absents), pour trouver une phrase qui fasse référence à l’École inclusive : Cette exigence pédagogique, qui refuse tout déterminisme, vaut également pour la scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers, pour laquelle nous sommes collectivement pleinement engagés et qui repose notamment sur l’investissement des accompagnants d’enfants en situation de handicap. Pour le ministre, avec cette phrase, tout est dit.

Quid des PAS (pôles d’appui à la scolarité) qui se déploient tous azimuts ? Quid des AESH qui attendent désespérément plus de reconnaissance et un statut de fonctionnaire ? Quid des Rased dont il faut défendre le rôle dans la prise en charge de la grande difficulté scolaire ? Quid des enseignants référents de scolarité qui s’interrogent sur leur place avec l’arrivée des PAS ?

C’est bien peu alors que le nombre d’élèves en situation de handicap ou en grande difficulté scolaire ne cesse d’augmenter dans les classes.

… alors que c’est une préoccupation majeure de la profession

Aujourd’hui, à l’école maternelle et élémentaire, au collège, au lycée (particulièrement au lycée professionnel), la prise en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers est centrale.

La dernière enquête du SE-Unsa montre que :

    • 36 % des collègues (enseignants des premier et second degrés, CPE, AESH, PsyEN et AED) considèrent que l’inclusion est difficile ou très difficile, et jusqu’à 51 % dans le 1er degré ;
    • 65 % considèrent les relations avec les familles difficiles ;
    • 83 % estiment que la gestion de classe est perturbée ;
    • 89 % rencontrent des difficultés à accompagner tous les élèves.

C’est la dure réalité des conditions de travail alors que le ministre n’en fait cas dans sa circulaire de rentrée. Dans le même temps, et c’est rassurant, l’enquête montre qu’il n’y a pas de rejet de l’inclusion mais un regret de ne pas arriver à faire mieux faute de solutions et de moyens, et de ne pas être assez soutenu par l’employeur dans cette mission éminemment difficile.

L’avis du SE-Unsa

Le SE-Unsa aurait aimé lire dans cette circulaire de rentrée que le ministère allait enfin mettre les moyens nécessaires, à la hauteur des besoins, pour permettre aux personnels de mieux travailler à l’inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers.

    • Le SE-Unsa aurait aimé lire que les PAS seraient dotés des moyens nécessaires pour apporter à l’École ce qui lui manque (Pôle d’appui à la scolarité : vers un tour de PAS-PAS ? ).
    • Le SE-Unsa aurait voulu trouver les traces de l’annonce d’un nouveau statut de fonctionnaire pour tous les AESH (Statut des AESH : le compte n’y est pas !).
    • Le SE-Unsa aurait apprécié d’apprendre que les nouveaux programmes allaient évoluer pour prendre en compte ces élèves.
    • Enfin, le SE-Unsa s’attendait à lire que le ministère profiterait dès la rentrée prochaine de la baisse de la démographie scolaire pour diminuer le nombre d’élèves par classe à 20 à l’école et au collège, et à 24 au lycée, ce qui est sa revendication.

Le SE-Unsa promet une récompense au ministre qui répondra enfin aux attentes des personnels !


Partager

Alors que la santé mentale des élèves se dégrade fortement depuis plusieurs années, les PsyEN jouent un rôle essentiel de prévention, d’écoute et d’accompagnement. Pour le SE-Unsa, l’urgence impose enfin des moyens à la hauteur des besoins et des enjeux.

Une dégradation préoccupante de la santé mentale des élèves

La santé mentale des enfants et des adolescents connaît une dégradation préoccupante en France. Selon l’Inserm, près de 1,6 million de mineurs souffraient de troubles psychiques en 2022. Depuis la crise sanitaire, la détresse des jeunes a atteint des niveaux historiquement élevés, avec des indicateurs qui peinent à redescendre.

Plus de 40 % des adolescents souffrant d’un trouble anxieux sévère déclarent n’en avoir parlé à personne. Pourtant, près de 7 jeunes sur 10 souhaitent pouvoir disposer d’espaces d’écoute auprès de personnels de confiance, selon le Baromètre du moral des adolescents (Ipsos) de mars 2025.

Les enquêtes nationales (dont EnClass 2022 et les données hospitalières) révèlent également une vulnérabilité particulièrement marquée chez les adolescentes. Les hospitalisations pour tentative de suicide ont augmenté de 118 % chez les jeunes filles de 10 à 14 ans en cinq ans (enquête FHP, avril 2026).

Malgré la gravité de ces chiffres, la souffrance des enfants et des adolescents reste trop fréquemment invisible et silencieuse.

Les PsyEN : des acteurs essentiels de la prévention

Dans les écoles, collèges et lycées, les psychologues de l’Éducation nationale (PsyEN) jouent un rôle central dans la prévention et la prise en charge des difficultés psychiques des élèves.

Les PsyEN assurent des missions d’écoute, d’observation, de repérage, d’accompagnement et d’orientation, en collaboration étroite avec les équipes éducatives. Dans un contexte de hausse des besoins en santé mentale à l’École, leur expertise et un accompagnement précoce sont indispensables au bien-être et à la réussite des élèves, et au bon fonctionnement du Service public d’éducation.

Des moyens insuffisants face à l’urgence

Pourtant, les moyens alloués ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées. Le nombre de postes ouverts au recrutement des psychologues de l’Éducation nationale ne permet pas de répondre à l’augmentation des besoins sur le terrain. Les conditions d’exercice se dégradent, le domaine de la prévention est délaissé et la charge de travail s’alourdit.

Parler de santé mentale des élèves et reconduire cette thématique comme grande cause nationale en 2026 tout en maintenant un recrutement insuffisant des PsyEN n’est ni cohérent ni acceptable.

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, préserver la santé mentale des élèves suppose une politique ambitieuse, cohérente et dotée de moyens réels.

Renforcer le recrutement des PsyEN est une condition indispensable pour répondre à l’urgence en santé mentale à l’École et garantir un accompagnement de qualité aux élèves.

Face à l’urgence, le SE-Unsa demande un ratio nombre d’élèves par PsyEN qui permette aux PsyEN d’exercer pleinement leurs missions, c’est-à-dire avec un secteur d’intervention n’excédant pas plus de 800 élèves par PsyEN.


Partager

Depuis l’après-guerre, la place des psychologues dans l’École n’a cessé d’évoluer. De la psychologie scolaire aux PsyEN d’aujourd’hui, cette reconnaissance professionnelle est le fruit d’un long combat pour une école plus humaine, plus inclusive et attentive aux besoins des élèves.

La création du corps unique des psychologues de l’Éducation nationale (PsyEN) en 2017 marque une étape historique pour la profession. Retour sur les grandes dates qui ont construit cette reconnaissance professionnelle.

L’histoire des PsyEN de 1945 à 2017

    • Après la seconde guerre mondiale, sous l’impulsion d’Henri Wallon et de René Zazzo : reconstruire l’École de manière plus humaine et adapter l’enseignement à la psychologie de l’enfant, avec un·e psychologue qui s’occupe de tous les élèves.
    • 1947, le plan Langevin-Wallon vise à permettre et préserver l’égal accès de tous les enfants à l’École et à la culture.
    • Dans le 1er degré, les psychologues scolaires s’installent dans les écoles primaires pour aider les élèves en difficulté mais restent statutairement des enseignant·es du 1er degré détaché·es.
    • Dans le second degré : les centres d’orientation et les professionnels se structurent. C’est la naissance des COP (conseiller·ères d’orientation-psychologues) et des CIO.
    • Loi du 25 juillet 1985 : pour la première fois en France, la profession de psychologue est protégée et par voie de conséquence, les usagers de la psychologie.
    • 1989 : loi d’orientation sur l’éducation, avec pour préambule : L’éducation est la priorité nationale. Le Service public d’éducation […] contribue à l’égalité des chances.
    • 1990 : création des Rased, qui intègrent officiellement la ou le psychologue scolaire aux côtés des enseignants spécialisés.
    • 1991 : pour répondre à la loi de 1985, l’État crée le diplôme d’État de psychologie scolaire (Deps). Les instituteur·rices doivent valider cette formation universitaire pour exercer.
    • Ce corps réunit les psychologues du premier degré (EDA) et les psychologues du second degré (EDO) sous un statut unique de fonctionnaires de catégorie A.
    • Septembre 2017, ouverture du tout premier concours de recrutement national pour les PsyEN et mise en place de l’année de stage de professionnalisation.
    • 2025 : création de 100 postes de PsyEN conseillers techniques (PsyEN CT) en département.

Une reconnaissance professionnelle progressive

Il aura fallu plus de cinquante ans pour que les psychologues de l’Éducation nationale soient pleinement reconnu·es comme des psychologues, exerçant dans un champ professionnel spécifique : celui de l’École.

La reconnaissance de l’identité professionnelle et de la place du psychologue par l’Institution et par l’ensemble des équipes éducatives constitue un préalable à la réalisation des missions des PsyEN, à la reconnaissance des élèves en tant que sujet à part entière, dans toute leur singularité et subjectivité.

Aujourd’hui, les PsyEN occupent une place essentielle dans les écoles, collèges et lycées. Leur rôle dépasse largement l’accompagnement individuel des élèves. Les PsyEN contribuent également à :

    • soutenir les équipes éducatives ;
    • accompagner les familles ;
    • favoriser l’inclusion scolaire ;
    • prévenir les difficultés psychologiques et scolaires ;
    • favoriser le bien-être et la réussite des élèves ;
    • oeuvrer pour un climat scolaire apaisé et apaisant.


Cette proximité avec les élèves et les équipes éducatives fait des PsyEN des acteur·rices incontournables du Service public d’éducation.

Le SE-Unsa, acteur des avancées pour les PsyEN

Le SE-Unsa a été un acteur majeur dans la mise en œuvre de la création du corps unique des psychologues obtenu en 2017, et plus récemment a porté la création des postes de PsyEN CT en département, actée en 2025, suite aux assises de la santé scolaire.

Pour les PsyEN, le SE-Unsa revendique la création d'un interlocuteur privilégié et de proximité qui pourrait prendre la forme d'un conseiller technique psychologue en rapport avec l'exercice de leur métier.


Partager

Le SE-Unsa a adressé ce jour un courrier à la Dgesco et à la DGRH, avec copie au cabinet du ministre, pour demander la création d’un groupe national de travail dédié à la direction d’école.

Des conditions de travail dégradées

La demande s’appuie sur ce constat simple : depuis mai 2024, l’administration connaît les difficultés rencontrées par les directeurs et directrices d’école. Lors d’un groupe de travail « simplification des tâches », l’actuel ministre, alors directeur général, avait lui-même reconnu l’écart entre les prescriptions institutionnelles et la réalité vécue par les directeurs et directrices d’école dans l’exercice de leurs missions.

Depuis, rien n’a changé, la situation s’est même aggravée : déploiement chaotique d’Onde Version 2, mises à jour effectuées sur le temps de travail, multiplication des injonctions, et désormais un référentiel métier publié sans que les moyens suivent.

Ce que demande le SE-Unsa pour les directeur·rices d’école

Le SE-Unsa réclame un véritable espace de dialogue social dédié, pas une instance d’information descendante. Les thématiques que nous portons sont celles que nous remontent les directeurs et directrices d’école : outils numériques, charge administrative, autorité fonctionnelle, formation, qualité de vie et conditions de travail. Et parce qu’on ne peut pas faire l’impasse sur les autres dimensions oubliées : rémunération, décharge et secrétariat administratif.

Le SE-Unsa attend désormais une réponse de l’administration sur le principe et le calendrier de ce groupe national de travail dédié à la direction d’école.

Le SE-Unsa vous tiendra bien sûr informé·es des suites données à notre demande.


Partager

Depuis sa généralisation à l’ensemble du territoire il y a quelques jours, Onde Version 2 concentre les difficultés que les directeurs et directrices d’école connaissaient déjà dans les deux académies pilotes depuis l’automne dernier, sans qu’elles aient été résolues entre-temps. Le SE-Unsa a adressé une lettre au ministre de l’Éducation nationale pour poser clairement ce dont les écoles ont besoin et ce qui doit changer.

Au mauvais moment et au mauvais rythme

La généralisation d’Onde Version 2 est intervenue en pleine période de préparation de rentrée : inscriptions, radiations, constitution des classes, communication avec les familles et les mairies. Ce sont précisément les opérations pour lesquelles l’application est indispensable, et ce sont précisément celles qu’elle empêche de mener sereinement.

Depuis le lancement de l’expérimentation le 15 octobre 2025, 25 messages ont été envoyés simultanément sur les boîtes nominatives des directeurs et directrices et sur les boîtes d’école, dont 6 ce dernier mois consacrés aux seuls dysfonctionnements. Les équipes techniques ne sont pas en cause : elles gèrent les conséquences d’un calendrier qui ne leur a pas laissé le temps de stabiliser l’outil. Un déploiement mieux échelonné aurait épargné cette situation à tout le monde.

À cette charge, s’ajoute celle des tickets d’assistance, que les directeurs et directrices doivent ouvrir pour signaler chaque anomalie. En temps ordinaire, cette logique est compréhensible. Face à une application qui dysfonctionne massivement au quotidien, elle revient à imposer aux directeurs de documenter les défaillances d’un outil qu’ils n’ont pas choisi, en plus d’un travail administratif et pédagogique pour lequel ils ne disposent déjà pas du temps suffisant.

Ce dont les écoles ont besoin maintenant

Le SE-Unsa demande que les fonctionnalités suivantes soient pleinement opérationnelles dans les prochains jours :

    • Les admissions par cohortes entières, sans limitation du nombre d’élèves traités simultanément, pour permettre la constitution des classes dans des délais raisonnables.
    • L’export des listes de classes pour l’année suivante, indispensable pour travailler avec les enseignants et communiquer avec les familles et les partenaires.
    • La génération des certificats de radiation, documents légalement exigibles par les mairies lors de tout changement d’établissement. Leur indisponibilité bloque aujourd’hui des démarches que les directeur·rices ne peuvent pas résoudre seul·es.
    • La stabilité du service pendant les horaires scolaires, sans interruptions programmées en semaine.


Ces besoins auraient dû être couverts dès le déploiement en académies pilotes. La généralisation a simplement étendu les mêmes problèmes à l’ensemble du territoire.

Deux demandes du SE-Unsa pour la suite

Le SE-Unsa réclame l’organisation rapide d’une réunion de travail associant des représentants des personnels, pour établir un calendrier de résolution des dysfonctionnements et examiner les évolutions attendues par les directeurs et directrices. Aucune nouvelle fonctionnalité ne devrait être déployée avant que l’existant soit stabilisé.

Par ailleurs, un bandeau annonce actuellement une migration des services de messagerie prévue pour juin pour les académies qui n’ont pas migré en janvier. Le SE-Unsa demande que ce changement soit reporté à l’été. Déployer une nouvelle application au moment même où les directeurs et directrices absorbent les dysfonctionnements d’Onde Version 2 et finalisent la préparation de rentrée reproduirait exactement l’erreur de calendrier que cette lettre dénonce.


Partager


Le gouvernement a annoncé une revalorisation provisoire des indemnités kilométriques dans la Fonction publique à compter du 1er juin 2026 et jusqu’au 31 décembre 2026. Cette mesure vise à répondre à la nouvelle hausse des prix des carburants.

Une première reconnaissance...

Pour les agents du ministère de l’Éducation nationale amenés à utiliser leur véhicule personnel dans le cadre de leurs missions, le barème kilométrique sera revalorisé de 3,2 %.

Les deux ministres ont explicitement évoqué le cas des AESH et des enseignants remplaçants. Les ISSR devraient donc également connaître une augmentation.

Même si cette annonce constitue une première reconnaissance de la réalité vécue par de nombreux collègues, elle demeure très insuffisante sur plusieurs points.

Mais une aide trop limitée

D’abord, il s’agit d’une aide provisoire, limitée à la période du 1er juin au 31 décembre 2026, alors même que l’inflation repart à la hausse et que le point d’indice reste gelé. Les dépenses de carburant, elles, ne sont pas temporaires. La revalorisation des indemnités de déplacement doit donc être pérenne.

Ensuite, cette hausse reste très loin de répondre au problème de fond : dans l’Éducation nationale, de plus en plus de personnels paient pour travailler. Entre la départementalisation du remplacement dans le premier degré, l’élargissement des zones d’intervention et les affectations sur plusieurs établissements, les personnels du premier comme du second degré parcourent parfois des dizaines, voire des centaines de kilomètres chaque semaine pour assurer la continuité du Service public.

Dans de nombreux territoires, les frais de déplacement absorbent désormais une part importante du salaire. Carburant, entretien du véhicule, assurance, péages : les collègues avancent quotidiennement des frais indispensables au fonctionnement même du Service public d’éducation.

Dans ce contexte, cette revalorisation était devenue indispensable. Elle reste toutefois très en deçà des coûts réellement supportés par les personnels.


Partager

Alors que le SE-Unsa interroge le ministère depuis le début de l’année sur la décharge de cours et de suivi des PFMP accordée aux professeurs de lycée professionnel pour la correction des copies dématérialisées de bac pro, une réponse de l’administration a enfin été obtenue ce jeudi 28. Mais l’absence de cadrage national écrit laisse planer des incertitudes et risque de créer des disparités entre les académies, ce qui contredit certaines affirmations syndicales.

Avoir du temps pour corriger

Contrairement à d’autres organisations syndicales, le SE-Unsa ne se satisfait pas pleinement d’une consigne ministérielle d’aménagement des emplois du temps pour permettre la correction dématérialisée des copies de bac pro.
En effet, les collègues ont besoin d’une réponse ministérielle officielle et identique pour tous les territoires, et non d’une simple consigne aux recteurs, qui ne sera pas appliquée pas tous.

Le SE-Unsa revendique toujours jusqu’à quatre jours de décharge de cours et de suivi des PFMP pour tous les correcteurs et toutes les correctrices du bac pro.

Attention aux fausses rumeurs

Comme le ministère ne souhaite pour le moment donner aucune consigne écrite sur laquelle s’appuyer, certaines organisations syndicales prennent pour un acquis garanti ce qui n’est qu’une consigne aux recteurs.

Les professeurs de lycée professionnel méritent mieux. Ils doivent recevoir la même considération que leurs collègues des lycées généraux et technologiques, qui n’assurent plus de cours lorsqu’ils corrigent le bac.

L'avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, les collègues ne doivent pas rester dans l’ignorance et surtout seul·es face à leurs multiples convocations. Un cadrage ministériel national est urgent ; le SE-Unsa se bat pour l’obtenir.

Les équipes du SE-Unsa vont d’ores déjà demander des audiences auprès des rectorats pour s’assurer que cette consigne nationale a bien été entendue et sera effectivement respectée. Les collègues ne doivent pas hésiter à solliciter le SE-Unsa s’ils ne bénéficient pas de décharge suffisante pour corriger leurs copies, afin que nous défendions leur situation et fassions remonter le non-respect des consignes ministérielles.


Partager

Le ministère a présenté ses premières pistes concernant le futur statut des AESH lors d’un groupe de travail ministériel. Il s’agirait bien d’un statut de fonctionnaire à temps complet, avec des missions exclusivement liées à l’École inclusive. C’est un point important alors qu’aujourd’hui beaucoup d’AESH subissent des temps de travail incomplets. Mais l’hypothèse d’une reconnaissance de ce statut pour seulement 20 % d’entre eux a aussi été évoquée par le ministre. Une perspective qui semble bien éloignée des attentes des AESH.

Un rapport non représentatif

Le ministère a présenté un rapport de l’IGÉSR (inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche), contenant des recommandations que le ministère est libre de suivre ou pas.

L’une d’entre elles serait la création d’un nouveau métier : assistant d’accessibilité. Cette proposition est totalement déconnectée de la réalité. Les AESH demandent avant tout une reconnaissance pleine et entière de leur métier en tant que tel, et non la création d’une nouvelle fonction.

Ce rapport, qui s’appuie sur une enquête réalisée auprès de 300 personnes dont seulement 75 AESH n’est pas représentative des aspirations de la profession. Celle en cours, du SE-Unsa, recueille en revanche en quelques jours plus de 3 000 réponses d’AESH. Elles y expriment un souhait majoritaire d’obtention d’un statut de fonctionnaire (80 %) afin de mettre fin à leur précarité et d’accéder à un vrai déroulement de carrière.

Les revendications du SE-Unsa

Le SE-Unsa a rappelé que ce futur statut ne doit pas être une simple annonce sans changements réels pour les AESH et qu’il doit concerner la totalité des AESH qui souhaitent devenir fonctionnaires.

Le SE-Unsa a rappelé les attentes des AESH et la nécessité d’obtenir :

    • une revalorisation salariale conséquente ;
    • un véritable temps complet choisi et accessible ;
    • une amélioration des conditions de travail ;
    • une formation initiale et continue renforcée ;
    • une meilleure reconnaissance professionnelle ;
    • des missions clairement définies ;
    • des perspectives de carrière réelles.

L’avis du SE-Unsa

Ce premier groupe de travail n’est qu’un début, le prochain aura lieu le 17 juin. Le SE-Unsa continuera de porter les revendications des AESH dans les prochaines discussions avec le ministère.

Vous êtes AESH ? Si ce n’est pas déjà fait, n’hésitez pas à partager vos expériences et vos attentes via notre enquête AESH, vous avez la parole !


Partager

La mise en place des pôles d’appui à la scolarité (PAS) s’accélère depuis le début de leur expérimentation à la rentrée 2024. Ces PAS ont vocation à être un guichet d’accueil pour les familles, afin d’envisager des réponses de première intention (adaptations pédagogiques, ordinateur…) et une aide dans les démarches auprès de la MDPH si un accompagnement humain est nécessaire.

De nouveaux professionnels pour prendre en charge les élèves

Ces PAS mettent à disposition des élèves des éducateurs spécialisés et des personnels paramédicaux (orthophonistes, ergothérapeutes…) qui n’existent pas à l’Éducation nationale. Pour le SE-Unsa, le projet des PAS est intéressant. Il permet aux enseignants d’orienter les familles vers une structure qui pourra les accompagner et ainsi alléger leur charge de travail. Il permet aussi de mettre à disposition des élèves des personnels qui manquent aujourd’hui dans leur prise en charge. Dans les départements préfigurateurs, après des atermoiements prévisibles, nous notons les premiers effets positifs.

Les PAS oui, mais avec des moyens à la hauteur

La question des moyens mis à disposition des PAS reste l’élément central. Sans moyen à la hauteur, des PAS low-cost pourraient tuer dans l’œuf une belle promesse. Depuis 2024, le nombre de personnels éducatifs et paramédicaux tend déjà à diminuer et les moyens de fonctionnement sont réduits à chaque rentrée par la multiplication des dispositifs. 

Les postes de coordonnateurs PAS sont pris sur moyens propres des départements, sans aucune dotation complémentaire alors que la carte scolaire est déjà sanglante. La mise en place des PAS dépouille aussi les Ulis, Rased, Segpa de leurs enseignants spécialisés quand le cahier des charges est appliqué à la lettre. Le SE-Unsa réclame un grand plan de départ en formation Cappei pour résoudre cette difficulté ainsi que des postes fléchés.

Des PAS oui, mais comme dispositif qui se doit d’être complémentaire

Bien souvent la mission et le périmètre (interdegrés) des PAS se confondent parfois avec d’autres dispositifs (Rased, équipes mobiles d’appui à la scolarisation – Émas -, pôles ressources…) avec lesquels ils ne doivent pas être en concurrence et auxquels ils ne peuvent se substituer.

L’articulation et la coordination entre le PAS et ces différents dispositifs déjà existants doivent se faire dans la complémentarité, dans le respect des places et missions des professionnels qui y travaillent. Et cela, sans lien de hiérarchie. Les PAS ne doivent pas servir de prétexte à la suppression de postes Rased, de réorganisation des pôles ressources…

Enfin, les PAS ne doivent pas gérer les AESH en se substituant au Pial. Les missions de chaque dispositif sont bien différentes et les PAS n’ont pas les moyens humains pour permettre cette gestion.

Alerte sur la situation des coordinateurs PAS en l’absence de loi

Depuis un an, le ministère soutient une proposition de loi parlementaire pour créer les PAS par la loi. Deux votes successifs les ont rejetés, ce qui n’empêche pas leur généralisation.  L’expérimentation des dispositifs PAS est prévu jusqu’à la rentrée 2027. Mais passé cette échéance, c’est le néant réglementaire.

Le SE-Unsa exige que le sujet soit clarifié de manière urgente par le ministère. L’urgence n’est pas de faire voter une loi mais des textes réglementaires pour cadrer ce nouveau dispositif. Ainsi, ils devront être discutés avec les représentants des personnels, alors qu’actuellement les circulaires sont coécrites par le ministère et des associations favorables au 100 % inclusion en milieu ordinaire ! 

Tant que la généralisation des PAS n’est pas actée et cadrée juridiquement, le SE-Unsa revendique que les postes de coordinateurs PAS soient donnés à titre provisoire aux enseignants volontaires. En effet, si les PAS venaient à disparaître, les enseignants nommés à titre définitif verraient alors leurs postes supprimés. Les personnels ne doivent pas se retrouver victimes d’une mise en place trop hâtive et sans cadre juridique.

Des PAS publics pour l’enseignement public

Pour le moment, le cahier des charges permet aux PAS d’intervenir dans l’enseignement public et privé sous contrat. Or, ils ne sont financés que par le budget de l’enseignement public. Pour le SE-Unsa, de la même manière que les AESH du public ne doivent intervenir que dans les écoles et établissements publics, il doit en être de même pour les PAS. Nous manquons déjà de moyens pour l’École Publique, nous ne devons pas financer les écoles privées.

L’avis du SE-Unsa

Pour le SE-Unsa, avant d’aller plus loin dans la généralisation des PAS, il convient, à partir des diverses expérimentations, de faire un bilan pour cadrer notamment par la voie réglementaire ce dispositif. Il est essentiel d’assurer un budget à la hauteur des ambitions, au risque de provoquer le rejet d’un projet important pour l’École parce qu’il serait sous-dimensionné et donc inopérant.

Le retour d’expérience doit aussi lever des incompréhensions, comme la place des enseignants référents de scolarité dans ce dispositif. Le ministère doit enfin réaffirmer la complémentarité des PAS avec les autres dispositifs (Ulis, Rased) et les établissements médico-sociaux qui doivent être renforcés afin de répondre à toutes les situations d’élèves.


Partager

Bonjour et bienvenue au SE-UNSA !

Veuillez saisir le code postal de votre lieu d'exercice afin que nous puissions personnaliser votre expérience.